113 – L’EMERVEILLEMENT …
30 janvier 2013
Voici une photo prise à Muscat, la capitale du Sultanat d’Oman, il y a quelques jours … Je suis heureuse de la partager avec vous et j’espère réussir à vous transmettre l’émotion qui m’a habitée lorsque je l’ai prise.
Nous vivons dans un monde blasé. Lorsque nous sommes avec nos petits-enfants, il faut toujours faire preuve d’imagination pour attirer leur attention et leur faire plaisir. Bien sûr, cela passe souvent par des endroits payants, conçus pour amuser et occuper nos bambins. Je ne vous parle même pas des adultes ! C’est un autre sujet …
C’est pourquoi ce petit garçon m’a tant touchée. Il était là, devant moi, admirant le jeu des mouettes qui venaient chercher les petits bouts de pain qu’un homme leur offrait à quelques pas de là. Il souriait béatement, subjugué par la danse et les cris des oiseaux. Il donnait l’impression de n’avoir jamais rien vu de plus beau !
Il m’a donné une grande leçon : l’émerveillement devant la nature, bien sûr, mais également la simplicité avec laquelle il s’émerveillait. Il était là, tout simplement, présent à ce qu’il voyait, des étoiles plein les yeux, la bouche ouverte devant la beauté du monde. Il ne regardait pas, il VOYAIT, IL VIVAIT. Il jouait avec les mouettes, il volait dans les airs, il participait au ballet …
Ce jour là, j’ai vu la beauté d’une âme d’enfant.
Que nous reste-t’il, à nous, de cette capacité d’émerveillement ? Et, surtout, à nos enfants et petits enfants ?
Pour nous réjouir, pour nous séduire, il faut toujours en rajouter : du clinquant, du brillant, du faux, du cher. Comme dirait mon petit-fils : «Je l’ai déjà vu à la télé». Oui, nous avons vu beaucoup de choses à la télé. Peut-être trop ? Les animaux, nous allons les voir dans les parcs : en Europe, ou en Afrique, nous payons cher pour les approcher. Et, souvent, nous sommes déçus. Ces pauvres bêtes ne dansent pas, ne chantent pas, elles vivent tout simplement, et souvent tristement. Bien sûr, nous voulons voir les «bêtes dangereuses», les autres, bof, sont sans intérêt !
Ce petit garçon a réveillé la petite fille en moi. Tout à coup, j’ai «vu» les mouettes avec ses yeux et je me suis retrouvée volant légèrement au-dessus du port de Muscat, picorant joyeusement le pain offert.
Merci à toi, petit homme, pour ce moment exceptionnel. Je te souhaite une vie pleine de petits et grands émerveillements. Et, à vous aussi amis lecteurs, je vous souhaite de saisir toutes les occasions de vous émerveiller et d’être capable de rester là, la bouche béatement ouverte, devant une scène illustrant la beauté du monde …
112 – UNE HISTOIRE DE FOI …
23 janvier 2013
Bonjour,
Je me pose une question à laquelle, peut-être, vous pourrez m’aider à répondre.
Cela concerne la Foi. La Foi avec un grand «F», c’est à dire cette faculté de «savoir» avec toutes nos cellules, de ressentir, de sentir, de connaitre … Il y a ceux qui ont «Foi» en Dieu et d’autres qui «croient» en l’homme. Voilà donc ma question : pourquoi, dès que l’on parle de «Foi», les poils de ceux qui disent ne croire qu’en l’homme se hérissent-ils ?
Ils se prétendent convaincus, mais deviennent très vite agressifs lorsqu’ils entendent les mots Foi, Dieu, anges, etc … Je ne vous parle pas là de discussions autour des religions officielles. Non, simplement d’échanges autour de nos croyances et sentiments personnels.
J’ai remarqué que lorsque vous voulez partager, parler de votre Foi, ceux qui se prétendent «athée» s’énervent et ils s’agacent lorsque vous prononcez le mot «Dieu». Pourquoi ? Pourquoi ceux qui ont la Foi, quelle qu’elle soit, respectent tout à fait que d’autres ne la partagent pas tandis que le contraire est plus difficile à trouver ?
J’ai un tout petit début de réponse : peut-être, tout simplement, parce que la Foi apaise. Comme je le disais plus haut, elle «habite» la personne, elle est là, elle n’appelle même pas de question, elle est une évidence. La Foi n’est pas du ressort de la pensée, elle se ressent mais ne s’explique pas … Tandis qu’une «croyance» ou une «conviction» naissent d’une réflexion, donc ce sont des pensées. Lorsque nous croyons à quelque chose, nous nous battons pour le prouver, nous voulons d’ailleurs souvent convaincre les autres !
La Foi est une bienfaisante sensation.
La croyance est un point de vue à défendre.
Cela fait une grande différence ! Les uns sont donc en paix, les autres inquiets que leur athéisme soit mis en péril …
La Foi apaise également grâce à ce sentiment de reliance qu’elle apporte. Si vous avez la Foi, vous ne vous sentez jamais seul. Vous ressentez, en vous, toutes ces présences, ces énergies invisibles à l’oeil. Par contre, une personne athée se retrouve avec un manque cruel : elle est toujours seule avec son corps et ses pensées. Avant ? Après ? Pendant ? Quel vertige !
– «Dieu ? Vous avez dit Dieu ? Mais enfin, quelle preuve avez-vous que Dieu existe ? Regardez tous ces malheurs qui assombrissent le monde ? Et vous pensez toujours que Dieu existe ? Ma pauvre, vous êtes bien naïve, je vous plains, je préfère ne compter que sur moi»
– «Je ne «compte» pas sur Dieu, il est en moi, tout simplement. Il est une force secrète qui m’habite et me permet de traverser les sombres moments plus sereinement. Dieu n’est pas une assurance bonheur, il est cette énergie qui nous accompagne tout au long de notre vie, avec ses hauts et ses bas. A ce propos, connaissez-vous cette belle histoire symbolique, qui illustre tellement bien la Foi ? Je vais vous la raconter …»
«Il était une fois un homme, assis sur le bord d’une plage, qui traversait une grande souffrance et faisait le point sur sa vie. Il avait eu ses joies et ses peines, comme tout homme. Il avait la Foi mais, comme toujours, celle-ci est souvent remise en question lorsque nous allons mal ! Aussi, en ce moment où il n’allait pas bien, il l’a mise en doute et s’en prit à Dieu.
– « Bon Dieu, je t’ai toujours prié et honoré. J’ai toujours agit en ton nom et je suis un de tes fidèles croyants. Pourtant tu m’as abandonné. Pourquoi n’as-tu pas toujours été là lorsque j’avais vraiment besoin de toi ? »
A ce moment là, Dieu lui répondit :
– « Mon frère, j’ai toujours été là. Tu as souffert mais je t’ai protégé. Retournes-toi et regardes ces pas sur le sable. Tu vois, ce sont tes pas, ceux de ta vie. Tu vois que les miens ont toujours été près des tiens : il y a toujours 4 empreintes dans le sable »
Etonné, l’homme regarde cette longue ligne de pas et, effectivement, il voit deux empreintes supplémentaires auprès des siennes. Toutefois, à certains endroits, il n’y a plus que les siens ! Oh ! Juste pendant quelques pas, mais à chaque fois cela correspondait à des pas très difficiles et il aurait bien aimé que Dieu ne le lâche pas à ce moment là … Tout content de pouvoir exprimer sa colère, l’homme s’en prit donc à Dieu et lui dit :
– « Tu vois, la preuve que l’on ne peut compter sur toi ! Tu es là quand tout va bien mais au moment où j’ai le plus souffert, où j’ai eu le plus besoin de toi et bien, regardes, tes pas ne sont plus près des miens. »
Un souffle de vent, très doux, entoura alors l’homme et il entendit la réponse de Dieu :
– « Ces quelques pas, où tu ne vois que deux empreintes, ce sont les miens. Ce sont les moments où je t’ai porté dans mes bras …»
111 – LA PREUVE DU GENIE DE L’HOMME …
16 janvier 2013
Quel plaisir de partager avec vous, aujourd’hui, une vidéo que m’a transmise ma soeur il y a quelques jours. Au milieu de tous ces spams s’est glissée une perle qui a ému mon coeur …
Quel courage, quelle force, quelle créativité, quelle leçon de vie nous donne ces gens qui vivent du recyclage des poubelles. Oui, oui, des poubelles ! Cette petite vidéo d’un peu plus de trois minutes m’a conforté dans ma conviction que le génie de l’homme réside dans son coeur et dans son âme.
Après ce séjour au Moyen-Orient, après avoir quitté Dubaï et sa démonstration de mégalomanie, cette ville qui veut nous faire croire que l’argent peut tout, ou presque, quelle fraîcheur, quelle magnifique preuve que la véritable richesse est ailleurs !
Ces jeunes paraguayens, si pauvres et pourtant si riches, sous la conduite d’un homme enthousiaste et tellement créatif, deviennent de fiers et magnifiques musiciens.
Je vous laisse les découvrir en cliquant ici. Cela ne vous demandera que trois minutes et vous aurez l’émerveillement d’entendre la «Petite musique de nuit» jaillir de simples bouts de bois, récupérés ici et là, et de bidons usagés …
N’est-ce pas la preuve du véritable génie de l’homme ?
110 – LA PUISSANCE D’UN REGARD …
9 janvier 2013
Hier j’ai rencontré un regard … Un regard sombre, un regard farouche, un regard qui a croisé le mien avec curiosité mais également témérité. Un lac sombre, fortement cerné de noir, s’est plongé dans le lac bleu de mes yeux.
Nous sommes à Oman, comme Yves vous l’a déjà écrit, et ce regard appartenait à une jeune femme voilée de noir. Nous étions au supermarché, chacune à une caisse, attendant notre tour, lorsque nos regards se sont croisés. D’abord timides, nous nous sommes apprivoisées et son regard si farouche s’est adouci lorsque mes lèvres se sont étirées pour lui sourire. Dans l’instant, son regard de braise s’est transformé en yeux de biche, doux et pétillants …
Je ne voyais que ses yeux et pourtant je sais qu’elle m’a souri.
Je ne voyais que ses yeux et pourtant j’ai ressenti sa personnalité.
J’ai « vu » son charme, son caractère un peu rebelle, sa curiosité pour les autres, son autorité.
Un simple regard peut-il donc nous en dire tant ?
Cela m’a fait beaucoup réfléchir sur tous nos jugements occidentaux, parfois si féroces et intolérants. Je ne plaide pas pour voiler les femmes et les cacher sous de grands manteaux noirs, loin de moi cette idée. Simplement, cette rencontre m’a fait prendre conscience que chaque pays a ses codes, ses croyances, ses religions et ses habitudes : cela s’appelle la culture. Et, à l’intérieur de chaque culture, les femmes et les hommes s’installent le plus confortablement possible. Bien sûr, il y a des cultures plus « confortables » que d’autres. Mais, en y réfléchissant bien, chacune présente certains avantages !
Je me suis donc penché sur la culture de la femme occidentale, que je pense connaître plutôt bien vu que j’en fait partie. Combien d’entre nous plaignent ces « pauvres » femmes voilées ? Et pourtant, en me plongeant dans cette culture, dans ce pays, je suis étonnée de ne pas ressentir tant de frustration ni de tristesse chez les femmes. En tous les cas beaucoup moins que je ne le pensais et certainement pas plus que chez mes sœurs dévoilées, dénudées, exposées …
Je crois que nous avons beaucoup à apprendre de ces femmes : elles n’ont nul besoin d’être à moitié nues pour séduire ! Chez la femme orientale, la séduction passe par les attitudes, les regards, les gestes souvent très élégants. Elles évoquent mais ne se livrent pas …
Autour de la piscine d’un grand hôtel, tout près de notre maison omanaise, je me retrouve parmi les hommes et les femmes occidentaux. Jeunes et moins jeunes se dorent au soleil dans ces fameux « deux-pièces » soi-disant si sexy … Je suis un peu perdue et même, je dois l’avouer, un peu choquée après toutes ces heures à traverser des villages où hommes et femmes évoluent dans les rues élégamment vêtus de leurs longues robes blanches pour les uns et de leurs longs voiles colorés ou noirs pour les autres. Hommes et femmes sont très prudes et restent toujours vêtus, même au bord de la plage …
C’est ainsi qu’un élégant ballet se joue dans les rues des villages, hommes et femmes évoluant avec grâce au milieu des chèvres et des ânes.
Point de ventres proéminents, point de chairs un peu molles, point de silhouettes disgracieuses : hommes et femmes sont vêtus de la tête au pied et le vent fait danser leurs vêtements à chaque pas … C’est vraiment très beau !
C’est pourquoi ce bord de piscine m’a perturbé : j’ai vu des hommes et des femmes de tous âges vêtus d’un simple maillot, offrant leurs corps plus ou moins harmonieux au Dieu Soleil. Où est la séduction ? Tout est offert, tout est même exhibé : plus de mystère, plus de jeu, peu d’élégance …
Je me pose alors cette question, en revenant à ce magnifique regard croisé hier matin : sans tomber dans les extrêmes -ce que nous faisons tous de chaque côté du globe- pourquoi ne réapprendrions-nous pas à nous vêtir avec élégance ? Pourquoi ne recontacterions-nous pas la pudeur de nos grands-mères ? Elles n’étaient pas voilées mais elles savaient cacher pour mieux dévoiler à celui qu’elles avaient choisi … Elles savaient jouer du regard, elles savaient séduire avec leurs mouvements : elles n’avaient pas besoin de montrer pour évoquer.
Nous avons acquis, grâce à elles, notre indépendance. Aujourd’hui, la femme occidentale est libre de mener sa vie à sa guise. Elle peut se marier, avoir des enfants, travailler ou bien rester célibataire, adopter, être hétéro ou homosexuelle. Elle peut voyager librement, elle peut même s’offrir un « prostitué » ! Mais cette liberté chèrement acquise lui a fait perdre de vue une grande partie de sa féminité … Aujourd’hui la femme séduit comme un homme : l’un et l’autre sont finalement devenus des objets sexuels ! Plaire à un homme ou une femme c’est … « je vais avoir une relation sexuelle avec lui ou elle ». Point. Bien sûr, cela peut devenir … « et plus si affinité ». Mais pas toujours, et pas souvent.
Et si le « dénuement » de nos corps était le symbole de notre « dénuement » intérieur ? Et si nous avions perdu notre charme à force d’étaler nos abattis ?
Vous voyez, un simple regard peut vous emmener loin ! Celui de cette jeune femme était magnifique. J’ai été heureuse de partager sa beauté avec vous …
LA ROUTE SECRETE …
26 décembre 2012
Ce matin j’ai été émue par un extrait du «Jardin du Prophète» de Khalil Gibran, ce grand poète Libanais. Bien sûr, j’ai tout de suite eu le désir de le partager avec vous !
Ce texte me fait réfléchir à la distance qui existe entre ce à quoi j’aspire et … la réalité que je me permets de vivre, entre «le désir et l’action». Tout un programme, toute une route secrète à parcourir ! Je vous laisse en compagnie de Khalil qui sait dire si justement, et avec tant de beauté, les choses de nos vies …
« Ignores-tu qu’il n’y a pas de distance, hormis celle que l’âme n’arrive pas à franchir en imagination ? Et quand l’âme abolit la distance, une harmonie se crée en elle.
«La distance entre vous et vos plus proches voisins, si vous ne les aimez pas, est plus grande que celle qui vous sépare de votre bien-aimé qui demeure au-delà des sept terres et des sept mers.
«Dans le souvenir, la distance est abolie, c’est dans l’oubli seulement que se creuse un gouffre infranchissable pour votre voix et vos yeux.
«Entre les rivages des océans et le sommet de la plus haute montagne est tracée une route secrète que vous devez absolument parcourir avant de ne faire qu’un avec les fils de la terre.
«Entre votre connaissance et votre compréhension, il existe un sentier caché que vous avez à découvrir avant de ne faire qu’un avec l’homme et de réaliser ainsi l’unité en vous-mêmes.
«Entre votre main droite qui donne, et la gauche qui reçoit, s’étend un long espace ; vous ne pouvez le supprimer qu’en les rendant toutes deux prêtes à donner et à recevoir, et vous ne pouvez vraiment franchir cet espace qu’en étant persuadés que vous n’avez rien à donner ni rien à recevoir.
«En vérité, la distance la plus longue est celle qui s’étale entre la vision de votre sommeil et celle de votre réveil, entre ce qui n’est qu’action et ce qui est désir.
«Il nous faut encore parcourir une autre route avant de faire un avec la vie. Mais, de celle-là, je ne dirai rien maintenant car je vous vois déjà fatigués de voyager».
UN CADEAU PARTICULIER …
24 décembre 2012
Joyeux Noël à toutes et à tous !
J’avais envie de vous offrir un cadeau et, voilà, j’ai découvert cette vidéo que j’ai grand plaisir à partager avec vous. C’est un cadeau un peu particulier puisqu’il s’agit d’une pub ! Oui, une publicité d’une minute qui, une fois n’est pas coutume, nous aide à faire évoluer notre conscience … Pour bien comprendre, il est nécessaire de la regarder jusqu’au bout : cela vous demandera une toute petite minute pour recevoir en plein coeur un beau message.
Je vous laisse la découvrir en cliquant tout simplement ici
J’en profite pour vous remercier, amis lectrices et lecteurs, pour vos partages, votre fidélité et votre enthousiasme : vous êtes ma source d’inspiration !
Très belles fêtes à vous et à bientôt …
109 – HISTOIRE DE LOUPS …
18 décembre 2012
«Un vieil indien explique à son petit fils que chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent bataille.
Le premier loup représente la sérénité, l’amour et la gentillesse.
Le second loup représente la peur, l’avidité et la haine.
«Lequel des deux loups gagne ?» demande l’enfant
«Celui que l’on nourrit» répond le grand-père».
Cette petite histoire, issue de la sagesse amérindienne, me semble tout à fait en accord avec ce que le monde -c’est à dire chacun de nous- vit aujourd’hui.
Le monde, et les hommes qui l’habitent, souffrent. Les peuples se rebellent, ils ont faim, ils ont soif de justice et d’amour. Et, majoritairement, quand les hommes ont faim ou peur, ils se nourrissent de haine. Ils cherchent des fautifs, ils condamnent. Ils perdent leur bon sens …
Bien sûr, plus nous nourrissons nos loups agressifs, plus les hordes s’entre-déchirent, se haïssent, se détruisent.
Et ainsi va le monde, il tourne en rond, d’injustices nourries de haine en injustices nourries de peur. «L’autre» devient l’ennemi, la bête à abattre, le «fautif» responsable de tous nos maux.
La colère aveugle ceux qui la laisse prendre le contrôle.
Et pourtant, ce vieil indien a parfaitement répondu à son petit-fils : si l’on désire la paix, pourquoi ne nourrissons-nous pas nos «gentils loups» ? Pourquoi ne faisons-nous pas le choix de développer l’amour plutôt que la haine, la sérénité plutôt que la peur, et la générosité plutôt que l’avidité ?
Déjà à notre niveau individuel ! Petites gouttes d’eau que nous sommes, flottant dans l’immense océan, nous pourrions ainsi apporter de l’amour à toutes les petites gouttes d’eau qui nous entourent …
Un simple calcul : imaginez qu’une personne choisisse de nourrir son «loup doux et aimant» et qu’elle puisse ainsi transmettre la paix et l’amour à 10 autres personnes. Ces 10 autres personnes feront ensuite de même, créant une chaîne de paix et d’amour. Voyez la rapidité avec laquelle la «horde» de loups pourra s’apaiser !
1 X 10 = 10 – 10 x 10 = 100 – 100 x 10 = 1.000 – 1.000 x 10 = 10.000, etc …
Bien sûr, il ne suffit pas de le dire ! L’important est de l’expérimenter … Car, aujourd’hui, de nombreuses «chaînes» se créent via internet, parlant d’amour, de compassion, et autres belles pensées. Je trouve cela très bien et utile de nous rappeler combien il est important de nous aimer les uns et les autres.Toutefois, il ne suffit pas de cliquer pour renvoyer cette chaîne à tous ses contacts, l’important est DE LE VIVRE.
Je reviens au message du vieil indien : la seule façon qui existe pour créer un monde nouveau, un monde de paix et d’amour, c’est de nourrir nos «gentils loups». Un loup ne se nourrit pas de «clics» ! Il a besoin de réalité et non pas uniquement de belles images …
Apprendre à aimer son prochain commence par aimer ceux qui sont autour de nous. Et derrière le verbe aimer se cachent : respecter, comprendre, accepter …
108 – AMOUR KLEENEX OU COUPLE ETERNEL ?
5 décembre 2012
Je lisais l’autre jour un article sur le couple. Il s’intitulait, en couverture du magazine : «L’amour plus fort que le couple – Pourquoi la vie à deux se marie mal avec la passion».
Déjà, il me semble qu’il y a une confusion car, à mon avis, l’amour et la passion sont deux choses fort différentes.
Mais bon … j’ai continué ma lecture et, à l’intérieur, le titre avait déjà changé. Il annonçait encore plus fermement la couleur : «Le couple, meilleur ennemi de l’amour ?».
Mon sang, et mon coeur, n’ont fait qu’un tour : comment pouvait-on «assassiner» ainsi, à grand renfort de titres cinglants, ce qui inspire, attire et nourrit tant d’hommes et de femmes dans le monde et, ce, depuis des siècles et des siècles ? Je pourrais même dire qui «occupe» tant de femmes et d’hommes !
En effet, ma profession de psychothérapeute m’a montré combien le couple occupe la majorité de nos pensées : avec ses bonheurs, ses malheurs, sa recherche, son manque, l’idéalisme qu’il transporte, la famille qu’il permet, les déceptions qu’il peut générer et les joies qu’il apporte souvent.
Bref, le couple est au centre de nos préoccupations. Pour preuve, la communauté des homosexuels veut maintenant obtenir le droit d’être «officiellement» un couple ! Ce qui indique bien à quel point l’amour entre deux êtres a besoin d’être accueilli dans un nid stable et solide pour s’épanouir …
Mais ce n’est l’avis ni de la journaliste qui a écrit l’article, ni du «philosophe» qu’elle est allée interviewer. L’une écrit, parlant du couple : «Il a donné un nom à cette calamité du XXIe siècle» et le deuxième s’empresse effectivement de le nommer, avec petites explications à l’appui si -par mégarde- nous n’avions pas encore compris les graves dangers que représente l’union libre -ou non- entre deux personnes qui s’aiment : «l’encoublement», un néologisme où résonnent à la fois «couple» et «accouplement», voir «s’encoubler».
Et sa porte-parole féminine, en écho, termine son paragraphe ainsi : «Une machine à fabriquer du malheur, voilà ce que serait devenu le couple».
Bon, j’arrête là. Si vous voulez lire la suite il vous suffit de vous procurer le magazine suisse «Femina» n° 47 du 18 novembre 2012. Vous y trouverez, pour illustrer l’article, quelques exemples de couples TRES névrotiques, histoire de vous montrer à quel point le vôtre est fade et tristounet.
En résumé, ils cherchent à démontrer que le couple est une aberration, un «tue-l’amour», qu’il nous amène de grandes frustrations en nous obligeant à ne pas sauter sur tous les petits lapins qui nous font envie, qu’il nous enferme dans l’ennui, dans une horrible routine. Pour eux, «Entrer dans un continuum avec l’autre, c’est s’installer dans le confort» et, là, horreur ! «Amour ne peut pas rimer avec confort … L’amour c’est tout sauf confortable».
Quel dommage ! Ils n’ont jamais dû vivre en couple pour s’imaginer que le couple est confortable … C’est beau, c’est fort, c’est grand, c’est riche, c’est une coupe symbolique magnifique pour recevoir l’amour que désirent partager deux personnes mais … ce n’est pas confortable !!!
Et si, justement, l’amour avait besoin du couple ? Je pense que l’erreur vient de la confusion entre la sexualité et l’amour. Bien sûr l’amour invite toujours la sexualité, et la sensualité, à partager les beaux moments mais le contraire n’est pas vrai. La sexualité peut-être narcissique, névrotique, égotique … Elle peut être utilisée pour satisfaire de simples besoins hormonaux ou pour remplir un vide. La sexualité est capricieuse, elle n’est jamais vraiment satisfaisante lorsqu’elle n’est pas reliée à l’amour, donc au couple.
La sexualité peut se travestir en amour kleenex : je veux, je prend, je jette. Elle est souvent un mirage, une illusion d’amour : elle permet, momentanément, de se nourrir de l’autre. Le désir que j’ai pour lui, ou pour elle, et celui qu’elle a pour moi me donne l’impression d’exister. Il se passe quelque chose dans ma vie ! Je ne connais de l’autre que l’image qu’il veut bien me montrer et son corps que je peux caresser. Mais qui est-il vraiment, cet autre ? Ai-je envie de le découvrir ?
Si oui, si j’ai envie de le découvrir, de partager avec lui, alors j’ai besoin de temps. J’ai besoin de m’engager, de «sacraliser» ce désir que j’ai pour lui, pour elle. Pour cela, je m’offre la possibilité d’ouvrir mon coeur et mon âme. Je prends le risque d’AIMER. Et, là, l’aventure de l’amour et du couple peut commencer …
Là commence également tous les risques ! Celui de souffrir si je suis rejeté, de m’ouvrir et d’être dévoilé, de trembler que l’autre ne soit pas heureux, de pleurer s’il me fait mal et d’être triste si -moi- je l’ai fait souffrir. Je vais faire le choix de m’engager, de concentrer sur une seule personne mes désirs sexuels même si un joli lapin malin me fait des signes coquins.
L’amour est exigeant ! L’amour, n’en déplaise à notre jeune philosophe, est une aventure à deux qui demande du temps pour se construire, s’épanouir et même -parfois- s’évanouir.
Toutefois, il n’y a pas de modèle. Les uns vivent très proches et sont heureux, d’autres préfèrent l’espace pour vivre à deux : l’importance, pour l’amour, c’est l’engagement. L’engagement du coeur, l’engagement de l’âme …
L’amour kleenex est un réflexe : je satisfais mes désirs.
Le couple éternel est une alchimie : deux êtres s’engagent et, grâce à l’amour qu’ils développent, qu’ils construisent jour après jour, ils transforment un simple kleenex en une éternité d’amour. Le couple n’est donc pas l’ennemi de l’amour, il en est le ferment …
107 – AVOIR LA CHANCE DE VIEILLIR
28 novembre 2012
Je rentrais chez moi tranquillement, en admirant les belles couleurs de l’automne, quand je croise un couple «entre deux âges», c’est à dire le mien. Vous savez, cet âge où les jeunes vous trouvent vieux et les vieux vous trouvent «encore» jeunes ! Bref, je vois ce couple qui se balladait main dans la main, lorsque j’ai croisé leurs regards …
Ils m’ont sourit et j’ai été émue. Ce couple, simplement entrevu, a touché mon coeur et je pense aussi mon âme. Il y a, comme cela, des rencontres qui changent notre regard !
Lui avait les yeux couleur chocolat chaud. Ses yeux, à elle, étaient parsemés d’éclats de vert. Leurs quatre yeux pétillaient tandis qu’ils parlaient avec animation et me souriaient au passage.
Deux mains enlacées et quatre yeux qui se souriaient … Pas de quoi fouetter un chat, pensez-vous peut-être, c’est d’une banalité déconcertante !
Et pourtant, ce que j’ai vu n’était pas banal. Ce que j’ai vu était MAGNIFIQUE et a changé mon regard sur ce que l’on appelle «le vieillissement». Je m’explique …
J’ai vu quatre lacs encerclés de collines. D’un côté, deux lacs chauds où brillaient quelques pépites d’or entourés de douces montagnes. Ces deux lacs faisaient face à deux autres, très clairs, avec quelques zones d’ombre. Et les collines qui les entouraient étaient plus fines, plus nombreuses aussi.
Comment ne pas être émue devant ces paysages ? Car, d’un seul regard, ils m’ont fait comprendre la beauté de l’âge, la beauté de la vie.
J’ai compris que chaque colline, sinistrement appelée «ride», était en fait un monde créé par la vie, comme dans un monde accéléré :
-
la ronde des rires qui plissent les yeux
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la danse des sourires qui étirent nos lèvres
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les pleurs retenus qui contractent nos visages en de curieuses grimaces
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les larmes de tristesse qui creusent des sillons
-
les larmes de joie qui remplissent nos lacs de mille étoiles …
Ainsi nous vieillissons, mais quelle richesse nous engrangeons !
Et nos visages, créés par nos expériences, nos croyances, nos pensées, deviennent des sculptures, magnifiques parfois, où chaque ride, chaque sillon sont les reflets de nos aventures.
Vieillir est un chance : certains ne l’ont ou ne l’auront pas … C’est un cadeau que la vie nous offre, la possibilité de profiter d’elle, encore et encore. Et pourtant nous nous plaignons, nous regrettons, nous refusons ces rides témoins de nos émois, de nos expériences, parfois de nos errances.
Nous refusons de voir la beauté que le temps a forgée. La beauté du temps qui passe et qui nous rend plus sage, plus vulnérable parfois, mais plus fort si souvent.
Le visage d’un bébé est un paysage de sable, chaud et doux. Un sable balayé par la mer, bien lisse. Une plage blanche, comme une page blanche … Tout est à créer, tout est à écrire ! Et l’encre du temps commence son oeuvre parfois avec douceur, parfois avec douleur. L’enfant devient moins lisse, le sable se plisse en moues et en mimiques. L’adolescent commence, à petits coups de vie, à se ressembler. Il avance à tâtons, impatient, s’élançant vers les rivages de l’âge adulte où, balloté par les vagues des émotions, les rochers de la vie commencent à sculpter de nouveaux paysages : une petite colline apparait, ici et là, très discrète, très coquette.
Et puis la mi-temps de la vie nous offre un beau répit : les collines restent sages et les muscles tendus. Ne l’appelle-t’on pas, parfois, «la force de l’âge» ? Nous regardons nos cadets avec un sourire tendre, heureux d’avoir acquis ce qu’ils n’ont pas encore, l’expérience de l’âge. Mais nous n’osons plus nous projeter dans le futur de notre oeuvre : nous voulons rester sur la plage alors que la montagne nous tend ses bras …
Car la vie n’arrête jamais de créer : elle continue, inlassablement, son oeuvre de sculpture sans se soucier de nos brûlures …
Nos douces collines deviendront paysages de neige : des monts et merveille jailliront, offrant à nos regards surpris, le résultat d’une vie. Un tableau merveilleux pour qui ouvre les yeux ! Ce tableau est un poème, une ode à la vie, blanchie par le temps si savant.
Ce temps qui nous est offert, généreusement.
Et lorsque nos neiges deviendront éternelles, elles se transformeront alors -petit à petit- en glace transparente où la vie n’aspire plus qu’à rejoindre le ciel …
Vieillir est une chance, je le sais aujourd’hui. Cela nous permet de vivre plus longtemps et d’apprendre la beauté des paysages changeants. Lorsque la banquise recouvre nos collines nous voilà prêts à courir vers l’aventure de l’éternité …
106 – NOTRE ETOILE SECRETE
21 novembre 2012










