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95 – LE BEAU MIRAGE

5 septembre 2012

Vous savez comme j’aime raconter des histoires, parfois vraies, parfois imaginaires … Toutefois, même les histoires imaginaires ont leurs racines dans la réalité. Donc, toutes peuvent être «vraies» pour quelqu’un ! Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter l’histoire d’une pétillante demoiselle qui, trompée par un mirage, devint une jeune femme aux yeux tristes …

Cette demoiselle

Ressemblait à une gazelle

De doux yeux bruns

Sur un corps divin

Elle riait,

Elle chantait

Et ses yeux pétillaient

Elle rêvait

Comme tous et toutes

De joie et d’amour …

Elle quitta son pays

Par un beau matin

Rêvant d’aller vivre

Beaucoup plus loin

Toute jeune et belle

Elle osa franchir

Les mers et les ruelles

Pour aller étudier

Dans un pays sérieux

Où l’argent est le Dieu

Si l’on veut «arriver»

Elle y retrouva

Quelques tantes et cousins

Et elle s’amusa

Dans ce pays lointain

Parents et amis

Restés au pays

S’éloignaient

Petit à petit 

Quelques années passèrent …

La jeune demoiselle

Dansait à tire-d’ailes

Jouissant sans vergogne

Des plaisirs de la vie

Etudiante elle était

Réussir elle rêvait

Mais le pays sérieux

Faisait fi de ses yeux

Si bruns et si coquins

Patte blanche

Il fallu

Montrer 

Aux autorités

«Le temps de l’escapade

Est maintenant

Terminé,

Vous devez

Nous quitter !»

Urgence il y avait …

La belle demoiselle

Aux doux yeux de gazelle

Se vit tout soudain

Retourner vers les siens

Sans avoir atteint

Son objectif !

Impossible pour elle

De rouvrir ses ailes

Pour retourner

Là où elle est née

Que faire ?

C’est alors qu’un Monsieur,

Très bien sous tous rapports,

Remarqua la donzelle

Qu’il trouva fort belle

Il lui sourit

La couva, l’enlaça

Et lui offrit

Son nom et son amour

J’oublie de vous dire

Que ce monsieur sérieux

Avait un beau sourire

Et des yeux très très bleus

Il avait aussi,

C’est là que le bât blesse,

Un peu moins que le double

De sa belle jeunesse

Et il était sérieux

Et il était heureux

D’avoir pris au piège

De son coeur amoureux

Un si beau spécimen

De jeune et belle oiselle

«Pourquoi pas, se dit-elle,

Lui confier mon avenir,

Afin de ne pas

Avoir à revenir ?»

Bien trop sérieux pour elle

Mais la jeune demoiselle

A appris bien trop vite

A refermer ses ailes

Pour rester dans ce pays

Peut-être trop petit

Pour accueillir ses rêves

Ce fut dans ce mirage

Que la flamme de ses yeux

S’éteignit

Elle se maria

Un jour de pluie

Avec son gentil monsieur

Au regard si sérieux

Je reçus les photos

Et mon coeur fut bien triste

De ne point retrouver

Ma belle gazelle

Mais une jeune femme

Au regard lointain

Regardant tristement

Sa vie de demain …

Le prix à payer,

Pour rester dans un pays

Où souvent la réalité

Se mêle aux mirages,

Est souvent bien trop lourd

Pour une jeune gazelle

L’homme est bon

Peut-être comprendra-t’il

Un jour ou demain

Qu’une gazelle ne peut vivre

Qu’en liberté

Pour pétiller

Pour s’amuser

Pour danser …

94 – REGARDER N’EST PAS VOIR …

28 août 2012

Nous avons quitté la Californie et nous voici maintenant en Oregon avec nos amis. Ils nous vous découvrir de splendides endroits, parfois très sauvages, et je me suis fait la remarque suivante : il est étonnant de «voir», quand nous sommes un groupe de personnes, comme chacun «voit» des choses différentes tout en «regardant» la même chose.

Il y a d’abord ceux qui ne voient rien, perdus dans leurs pensées. Ils traversent les paysages un peu comme des aveugles, oubliant au passage de se remplir de la beauté des lieux. 

Et il y a les autres … Vous, moi, eux ! Nous ne «voyons» bien souvent que ce qui nous intéresse. Certains «voient» les nuages, les autres les arbres, d’autres encore les fleurs ou les oiseaux. Il y a même ceux qui ne voient que ce qui dérange !

Je raconte souvent cette petite histoire : vous êtes devant un tas de fumier, fort mal-odorant, tout sale et tout fumant et, au milieu, une petite fleur jaillit d’une graine oubliée. Et tout s’illumine ! Pour moi … Pour d’autres ce n’est qu’un sale tas de fumier, ils ne «voient» pas la beauté de cette petite fleur qui le transforme en quelque chose d’émouvant : la vie qui jaillit, si belle, même du fumier ! 

Cette réflexion m’a amenée à prendre conscience combien nous sommes limités dans nos perceptions et, donc, dans nos ressentis et croyances. Et nous nous rendons compte alors combien nos témoignages sont à prendre avec des pincettes ! 

Nous «regardons» la globalité mais nous ne pouvons «voir» que les détails qui nous parlent. D’abord une vue d’ensemble et, hop, nous focalisons en fonction de nos goûts, de nos expériences, de nos talents.

 Nos amis, par exemple, sont des amoureux des oiseaux. Oh, bien sûr, ils apprécient beaucoup tout ce qui est dans la nature, mais les animaux -et en particulier les oiseaux- les fascinent. Et il faut dire que c’est un monde fascinant ! Quelle beauté, quelle variété, quelles leçons ces oiseaux si légers nous apportent …

De mon côté, j’aime les oiseaux bien sûr, mais je suis toujours à la recherche des fleurs : surtout des petites, des modestes, de celles qui fleurissent nos bois, nos champs et nos sentiers. Celles qui se font oublier, perdues dans les herbes, les mousses, les buissons.

Et bien, à chacune de nos promenades, nos amis repèrent moult oiseaux différents qu’ils étudient avec jumelles et télescope. Grâce à eux nous avons «vu» vivre, avec fascination, faucons et autres rapaces, colibris (mes préférés !!) et nombreux autres aux noms pour moi inconnus. Mais, sans eux, il est certain qu’ils nous auraient échappés !

Et moi, le nez au vent mais les yeux baissés vers cette terre que j’aime tant, combien de «modestes» ai-je pu repérer ? Des blanches, des jaunes, des mauves … Un vrai régal ! Et, bien sûr, j’ai pu partager avec chacun mes modestes découvertes. Car, tandis qu’ils guettent les oiseaux, les petites modestes leur échappent et, bien sûr, ma quête terrestre m’empêchent souvent de lever les yeux vers les cieux. Quels beaux échanges nous avons fait ! En conclusion ?

Peut-être est-il important de prendre conscience de cela : nous sommes à la fois grandioses et limités. L’infini ne peut se vivre qu’à travers le voyage intérieur ! Nos cinq sens ont leurs limites et ce n’est que par l’ouverture au monde des autres que nous pouvons agrandir le nôtre. Par le partage, l’acceptation, l’ouverture …

93 – RENDRE SERVICE ?

22 août 2012

Rendre service

N’est pas un vice

Etre serviable

C’est être aimable

Pourtant,

Combien j’entends,

Les uns et les autres,

Confondre

«Rendre» un service

avec

«Etre» au service ?

Le tout 

Remanié,

A la sauce d’aujourd’hui,

Qui mélange

Le sens du service

Donc

De l’amour

Avec

«Etre servile»

Comment

Exprimer son amour

Mieux

Qu’en offrant 

Ses services

A ceux que l’on aime ?

Rendre un service

C’est adoucir la vie

De l’autre

C’est l’aider

A vivre mieux

C’est porter

Avec lui

Le poids des jours

 

Quand je repasse

Une chemise

De mon aimé,

Chaque geste

Est un cadeau

Pour lui

 

Je ne me sens

Nullement «servile»

Jamais débile

Mais aimante

Quand je cuisine

Pour ma famille

et mes amis

Je le fais

Avec gratitude

 

Quelle joie

De pouvoir offrir

De bons repas

A ceux qui m’entourent !

 

Je ne me sens

Nullement «servile»

Jamais débile

Mais aimante

 

Quand je range

Quand je change

Quand je fais

J’offre …

 

Aimez-vous

Les uns les autres

Signifie peut-être aussi

Aidez-vous

Les uns les autres !

 

Pas d’amour

Sans don

Et donner c’est offrir

Avec un sourire

Sans penser

Ni soupeser

La raison

Est ignorante

Des gestes du coeur

 

Elle juge,

Elle condamne,

Bêtement

Pourrait-on dire,

Car jamais la raison

N’a rendu quelqu’un

Heureux

 

Seul le coeur

Peut offrir

Peut donner

Peut servir

 

Seul le coeur

Peut recevoir

Peut accueillir

Peut rendre heureux

Suivez-le

Ecoutez-le

Et osez

«Rendre service»

A ceux que vous aimez !

Vous verrez

Comme c’est bon

Comme c’est doux

D’offrir à l’autre

Des moments de soi …

92 – JOLI COLIBRI …

17 août 2012

Joli colibri = hummingbird = oiseau mouche …

Nous sommes en Californie

Et nous disposons

D’un petit jardin

Suspendu au dessus de la mer …

Dans ce jardin

Fleurs et arbustes

Fleurissent gaiement

Offrant gîte et couverts

A tant de passants  

Oiseaux, lapins

Et lézards

Cohabitent gentiment

Chacun a sa chambre

De janvier à décembre

Et choisit son repas

Soit en haut, soit en bas

Le plus gourmand

Le plus charmant

Est l’oiseau

Hummingbird …

Il arrive légèrement

Ses ailes dansant

Dans la belle lumière

Il s’approche hardiment

D’un arbuste fleuri

Commençant alors

A faire du sur place

Tel un hélicoptère

Stationnant dans les airs

Son bec,

Fine paille acérée

S’engouffre 

Sans coup férir

Dans la belle corolle

Qui accepte d’offrir

A l’oiseau intrépide

Son nectar

Sucré et coloré

Celui-ci

Repu et heureux

Remercie la belle

D’une danse

De ses ailes joyeuses

Puis, comme enivré,

Vole à droite

Vole à gauche

Jusqu’à ce qu’il repère

Une fleur dans les airs

Et le voilà,

Stoppé un court instant,

Les ailes s’agitant

A une vitesse folle

Pour mieux viser

Pour mieux lancer

Son long bec en avant

Et se gorger

Jusqu’à satiété …

Je voulais

Partager avec vous

Ces moments

D’émerveillement

Et j’espère

Vous avoir permis

De rêver

Un moment !

91 – LA MAGIE D’UN SOURIRE

8 août 2012

Une bouche s’étire

Et il naît un sourire …

C’est toute une histoire !

Car il commence

Comme une romance

Dans un coeur

 

Puis, gonflé de douceur,

Il prend l’ascenseur

Pour monter vers les yeux

Qu’il illumine

De mille étoiles …

 

Mais son chemin

Est très coquin

Il redescend

Irrésistiblement

Vers la bouche

Douce

Qui ne peut résister

A sa volonté

Alors …

La bouche s’étire

Et il naît un sourire

Qui continue son chemin

Vers les yeux de quelqu’un

Lui offrant sa chaleur

Jaillit de son coeur

Cet acte gratuit

Est un cadeau d’amour

Qui embellit

Celui qui donne

Pour toujours …

Espérant

Que cette petite histoire

Vous a fait sourire

Je citerai l’Abbé Pierre :

«Un sourire coûte moins cher

que l’électricité

mais il donne autant de lumière»

90 – LE CADEAU D’AMOUR …

25 juillet 2012

Aujourd’hui, je voudrais vous offrir un cadeau … Un cadeau d’amour ! Il s’agit d’un petit conte que j’ai écrit pour vous.

Il était une fois une petite fille … Comme la majorité des petites filles, elle vivait au sein de sa famille avec ses frères et soeurs. Cette petite fille avait une particularité : elle aimait faire plaisir, être gentille, faire des cadeaux. Une psychanalyste vous dirait qu’elle souffrait d’une névrose et que sa générosité n’était qu’apparente : dans le fond d’elle-même, elle désirait être aimée.

 

Seulement, voilà … Sa maman n’était pas une tendre ! Loin de là … C’était une femme insatisfaite qui n’avait pas développé le don du bonheur. Elle ne croyait pas vraiment à l’amour. Ô, bien sûr, elle aimait ses enfants ! Mais elle les aimait à sa façon. Et, tout particulièrement avec cette fillette là, elle n’était pas sur la même longueur d’onde.

L’une désirait l’amour, l’autre le repoussait. 

L’une désirait montrer son amour, l’autre le cachait.

 

Plus la maman repoussait, plus la petite fille désirait. Elle se serait pliée en quatre, en huit, en douze pour que sa maman lui dise «Je t’aime» ! Toutefois jamais elle ne prononçait cette petite phrase tant attendue.

 

Alors la petite fille mis au point de nombreuses tactiques afin de prouver son amour, dans l’espoir secret d’être aimée de retour. Elle fut la plus gentille des petites filles, elle écoutait, elle comprenait. Elle écrivait même des poèmes à sa maman ! De gentils poèmes qui parlaient d’amour …

 

A chaque fois qu’elle glissait son poème, illustré par un joli dessin, dans la main de sa maman celle-ci le lisait à peine, hermétique à l’appel secret qu’il contenait, et la regardait d’un air un peu circonspect : «Mon Dieu, ma fille, tu es vraiment bizarre ! Où vas-tu chercher ces bêtises ?». Et le joli poème finissait en boule dans la poubelle …

 

A chaque fois, à chaque nouvelle moquerie, le coeur de la petite fille saignait un petit peu. Pourtant elle avait le courage de l’espoir : «Un jour, pensait-elle, maman sera touchée par un de mes poèmes. Un jour elle comprendra que je l’aime. Un jour, toute émue, elle m’ouvrira son coeur».

 

Mais les mois et les années passèrent sans que les cadeaux et les petits mots d’amour ne soient plus reconnus que dans son enfance. Et la petite fille devint une femme. Tout au moins en apparence ! Dans le secret de son coeur, il y avait toujours cette espérance en l’amour qu’avait la petite fille … Et toujours, avec ceux qui l’entouraient, ceux qu’elle aimaient, elle était gentille, cherchait à faire plaisir, à faire des cadeaux. Et elle écrivait toujours des poèmes.

 

 Comme son coeur avait beaucoup saigné, elle s’était un peu barricadée : elle ne montrait plus combien elle était touchée lorsqu’un de ses cadeaux n’était pas apprécié ! Elle était toutefois toujours étonnée de voir que, pour beaucoup, un cadeau n’était simplement qu’un objet. Un objet qui plaisait ou non, en fonction de son utilité, de son look ou de son prix. Pour elle, un cadeau était tellement plus ! C’était une preuve d’amour, un geste de tendresse, un acte un peu sacré. Le cadeau était un médium entre son coeur et le coeur de l’autre. Une façon de communiquer sans parler. Une façon de dire «Je t’aime».

 

Nous sommes nombreux à être comme cette petite fille, puis cette femme. Nous aimerions que notre amour soit partagé, reconnu, apprécié. Et nous essayons sans arrêt de l’exprimer, parfois maladroitement, parfois discrètement, par codes, par signes.Chacun ayant sa façon de s’exprimer …

 

Le plus douloureux c’est de n’être pas compris, pas entendu, pas reconnu lorsque l’on cherche à dire «Je t’aime» à l’autre. Peu importe ce que l’on nous offre pour exprimer cet amour ! Ce qui importe c’est qu’il est offert … à nous, à vous. Et un regard, un sourire, un bonjour sont des cadeaux : que nous en coûte-t’il de les accepter avec grâce ? 

La petite fille d’hier a compris toutefois une chose : ce n’est pas parce que ses cadeaux étaient refusés par sa mère qu’elle n’était pas aimable … Et, à force de ténacité et persévérance, la femme qu’elle est devenue aujourd’hui a appris que l’amour s’offre et n’attend rien en retour. L’amour que l’on donne nous guérit autant qu’il peut guérir celui qui le reçoit. Alors … aimons-nous les uns les autres, sans modération ! 

89 – BOIS DUR OU BOIS TENDRE ?

18 juillet 2012

Cette semaine je voudrais partager avec vous une phrase recueillie dans le livre d’Anchee Min (La Souveraine) où elle raconte la vie de Tseu-Hi, l’impératrice Orchidée, née en 1852 et veuve de l’empereur de Chine Xianfeng. Un destin tragique qui a accompagné la fin d’une Chine millénaire …

Les asiatiques, tout au moins les anciens, parlent beaucoup par «images», plus ou moins poétiques. Leur langage est donc très riche et laisse chacun libre de son interprétation ! Je vous laisse donc découvrir, et interpréter à votre façon, cette petite phrase qui m’a touchée par le message qu’elle m’a transmit :

«Apprends à ressembler à du bois tendre car c’est en lui que sont sculptées les statues du Bouddha et des déesses. Le bois dur, lui, ne sert qu’aux planches du cercueil.»

88 – LA RELATIVITE DU TEMPS

11 juillet 2012

Un grand coucou du pays des oliviers et des … cigales ! Je vous laisse admirer le magnifique olivier qui nous accueille, à l’entrée de la maison. Par contre, il m’est plus difficile de vous faire partager le concert quotidien, offert par les cigales, durant les deux mois d’été !

Je m’étais déjà penchée sur les caractéristiques de cet insecte mystérieux, à la fois si bruyant et si inoffensif. J’y reviens aujourd’hui avec une nouvelle interrogation : comment mesurer le temps ? Vu la différence de temps de vie qui existe entre toutes les espèces, dont celle de la cigale, je me pose quand même la question fondamentale de la notion du temps.

Nous, humains, nous plaignons de plus en plus du manque de temps. Nous vivons en moyenne 80 ans et, pour beaucoup d’espèces, c’est une éternité. Pourtant, nous avons l’impression que nous n’arriverons pas à faire tout ce que nous voudrions … Et, de fait, les années défilent à toute vitesse !

Cette jolie cigale s’est égarée dans ma cuisine il y a quelques jours : relâchée précautionneusement, elle s’est envolée lourdement vers l’olivier où elle a rejoint ses compagnons musiciens …

 Alors, que ressent une cigale qui ne vit, en moyenne, que trois semaines à un mois ? Sachant qu’il lui faut environ 4 ans pour quitter la terre dans laquelle la larve est enfouie, quelques semaines de vie sont bien courtes ! Juste le temps, pour les mâles, de jouer des cymbales à tue-tête pour attirer les femelles, déposer sa semence et puis, hop, bye, bye ! Mes petits continueront la chaîne encore et encore : j’ai assuré la pérénnité de mon espèce, maintenant je peux mourir en paix …

J’ai même appris qu’une cigale, en Amérique du Nord (Magicicada Septemdecim) avait besoin de 17 années sous terre pour éclore et … ne vit ensuite que quelques heures ! Née à l’aube, elle s’éteint au crépuscule, juste après avoir fabriqué des petits bébés cigales. 

 Bouhh ! Pas vraiment rigolo, n’est-ce pas ?

Du coup je me dis que nous avons beaucoup de chance, nous les humains, de bénéficier d’une espérance de vie de près d’un siècle. Cela remet ma pendule à l’heure ! Ne plus se plaindre du manque de temps mais profiter au maximum de celui qui nous est offert «généreusement» : chaque minute est un cadeau et nous pourrions, comme les cigales, chanter à tue-tête pour remercier la vie ! Nul besoin de mourir juste après avoir eu des rapports sexuels mais, au contraire, jouir encore et encore du sursis qui nous est accordé, nous permettant d’expérimenter l’amour entre plusieurs générations. 

 Vive les grands-parents, vive les parents et vive les enfants !!! Quelle chance de vivre, si ce n’est tous ensemble, tout au moins dans le même temps …

87 – QUE DIRE DE PLUS ???

4 juillet 2012

Aujourd’hui je n’avais pas très envie de parler des comportements humains. Par moment, cela me donne l’impression de labourer la mer ! Je nageais donc au milieu de tous les sujets possibles quand j’ai découvert cette magnifique photo, transmise par ma soeur Colette. Elle est tellement belle cette photo, tellement forte, elle m’a fait du bien rien qu’en la regardant ! J’ai donc eu envie de vous la transmettre, à vous tous, afin que vous en profitiez également …

Je pourrais, bien entendu, la commenter en faisant des analogies avec les êtres humains. Je pourrais également parler de l’immense amour que cette photo dégage, dans sa simplicité : ces oiseaux ont été pris «sur le fait», le photographe a su capter un beau moment d’intimité. Mais je pense qu’elle se suffit à elle-même et je suis heureuse de la partager avec vous …

 

QUE DIRE DE PLUS ???

86 – LA FEMINITE … AU FEMININ !

27 juin 2012

Je viens d’avoir une discussion avec une amie au sujet de la féminité… chez les femmes. Je précise, car le «féminin» n’appartient pas qu’aux femmes comme le «masculin» n’appartient pas qu’aux hommes.

Là, il s’agissait de sa définition d’une femme féminine et elle me montra un modèle qui, selon elle, était la féminité incarnée. Apparut alors devant mes yeux une femme, certes assez belle, mais boudinée dans une mini-jupe, des chaussures hautes qui s’apparentaient plus à des perchoirs, outrageusement maquillée, des ongles vernis presque noirs, un décolleté vertigineux et des cheveux longs très décolorés. Bref, pour moi elle s’apparentait plus à la prostituée qu’à la féminité ! Mon amie insista alors me disant que, justement, elle la trouvait très «sexy» … 

Je ne suis pas un homme, alors il m’est difficile de savoir ce que les hommes en auraient pensé mais, en tant que femme, je suis certaine d’une chose : l’attirail d’une prostituée n’est que la caricature vulgaire de la féminité ! Et, d’ailleurs, le but n’est pas de paraître féminine mais de montrer et d’évoquer le plus possible la vulgarité aux clients potentiels qui ne cherchent pas une femme mais un défouloir à leurs pauvres fantasmes.

Ceci étant dit, je reviens sur le sujet de la féminité … chez les femmes. Etre une femme, aujourd’hui, demande beaucoup de créativité. Les anciens modèles ont, petit à petit, sautés et nous devons nous adapter à la modernité. Il y a du bon et … parfois du mauvais ! Et, comme pour tout changement, le balancier va d’abord s’enfoncer violemment de l’autre côté avant de retrouver l’équilibre.

Nous nous retrouvons donc avec des excès de chaque côté de la planète : il y a les femmes en burka orientales et les occidentales qui se promènent à moitié nues, sans noblesse ni pudeur. Les premières sont offusquées de l’accoutrement des secondes tandis que les secondes se dénudent encore plus pour se prouver qu’elles sont libres.

De liberté en liberté, cette liberté qu’il était nécessaire de prendre, la femme occidentale se retrouve manipulée (encore une fois) par les diktats de la mode, largement diffusés par les média dits «féminins». Elles ne veulent plus ressembler à leur mère ou leur grand-mère, elles ne veulent plus être sous la domination des hommes, elles ne veulent plus du mot soumission, elles ne veulent plus être traitées comme des objets. Elles revendiquent, avec raison, d’être reconnues égales en toutes choses aux hommes …

Du coup elles ont un grand défi à relever : être femme ET féminine tout en développant leur part masculine qui va leur permettre de s’affirmer dans un monde souvent difficile.

Toutefois, développer sa part masculine ne signifie pas renier son féminin. Et pourtant, je suis triste de constater que c’est parfois ce qui arrive … C’est à dire que la notion de féminin a été ramenée à la longueur des cheveux ou la hauteur des talons !!!!

Jeune femme partant en soirée, un soir d’été 2012 …

Et,là, je reviens à l’appréciation de mon amie sur cette femme accoutrée comme une prostituée. En quoi est-elle plus féminine que sa grand-mère dont la robe descendait aux chevilles ? En quoi cette femme, triste caricature, est-elle le symbole féminin aux yeux de mon amie ? 

Je me suis alors rendue compte que nous confondions, encore et encore, l’extérieur avec l’intérieur. 

La majorité des femmes sont perdues. Peu d’entre elles sont conscientes de la signification profonde de la féminité. Ce mot a tellement été dévalué par la société au cours des siècles, le ramenant souvent à soumission, dépendance, et autre dévaluation, que les femmes d’aujourd’hui le déforment également.

Jeunes femmes partant en soirée, dans les années 30 …

«Nous sommes libres», clament-elles haut et fort. «Nous n’avons plus besoin des hommes : nous travaillons, nous choisissons nos partenaires, nous choisissons d’être mère quand nous le voulons, nous refusons de servir, nous voulons être respectées, admirées, mais également désirées».

Et c’est peut-être là où le bât blesse ! A force de vouloir être libres, elles se sont emprisonnées dans une autre forteresse : celle de l’objet sexuel. Et cette forteresse, sans qu’elles en soient conscientes, a été créée par les hommes. La mode et ses média sont aux mains des hommes, souvent même homosexuels (c’est à dire avec -eux aussi- une vision déformée du masculin et du féminin). 

Une femme peut-elle être égale à un homme en complet veston lorsqu’elle se dandine devant lui en mini-jupe et chaussures aux talons tellement démesurés qu’elle doit marcher comme une chinoise du temps des Ming ?

Une femme est-elle «libre» lorsqu’elle ne peut se présenter devant un homme sans faux-cils, blush, fond de teint et autres accessoires ?

Mais, autre question, développe-t’elle plus son féminin pour autant ?

Je n’en suis pas certaine. Car le féminin est cette partie «sacrée» de nous qui nous apporte l’intuition, l’écoute, la tolérance, la force intérieure, la compréhension, la patience, la douceur et la fermeté, cette créativité inventive qui inspire. Le féminin nous parle «d’accueil et de réception» tandis que le masculin nous parle «d’action et d’émission». 

Un homme viril n’a pas besoin de ressembler à Monsieur Muscles, n’est-ce pas ? Il n’a pas besoin de se promener habillé en cow-boy, avec trois flingues dans les poches et un visage buriné par ses longs séjours dans la pampa, pour que nous ressentions et admirions son masculin. 

Et bien, je pense que c’est la même chose pour une femme féminine : j’ai rencontré dernièrement une grand-mère délicieuse, âgée de 83 ans, beaucoup plus féminine que bien des jeunes femmes en mini-jupe. Elle pétillait de féminité, elle irradiait de féminité … et elle était affolée de voir son arrière petite-fille de quatre ans habillée comme une Lolita avec des ongles vernis violet. Pauvre petite fille ! Quelle image va-t’elle développer en grandissant ? Elle a 4 ans et sa maman l’habille déjà comme une petite «courtisane» en miniature ! Mais, pour cette arrière grand-maman, c’était bien plus affligeant : elle s’inquiétait de savoir comment cette petite fille allait se développer intérieurement vu qu’elle était déjà traitée, à 4 ans, comme une femme-objet.

«Les femmes nous parlent des progrès de leur condition, me dit-elle, mais où est-il ce progrès si elles se déguisent en femme-objet ? Elles risquent de perdre bien vite leurs acquis, obtenus de haute lutte par des femmes courageuses. Elles oublient trop souvent que le secret de la féminité réside dans le mystère : et un mystère est toujours caché aux yeux du plus grand nombre. Seul l’élu peut y accéder …»

J’ai beaucoup apprécié cette phrase qui résume assez bien ma pensée. Femmes, ne vous déshabillez pas trop, ne revendiquez pas trop, ne vous durcissez pas trop, ne devenez pas des objets sexuels malgré vous. Reprenez votre pouvoir de femme en développant votre féminité à l’intérieur de vous. On joue avec un objet sexuel mais, une fois le désir assouvi, on ne le respecte pas. On le méprise, on le juge …

Femmes, regardez à l’intérieur de vous, admirez votre force et votre beauté intérieure et reprenez possession de votre corps. Il n’est pas un objet de convoitise, il est votre temple : aimez-le, respectez-le, embellissez-le, anoblissez-le !