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105 – LE SOLEIL EST A NOS PIEDS …

14 novembre 2012

Il pleut,

Il vente,

Il fait très froid

 

Chacun court,

Transi,

Retrouver

Son chez-soi

 

L’été est parti

Et l’automne

S’assombrit

 

Nos coeurs,

Et nos humeurs,

Varient

A l’unisson

 

Et nous marchons,

Têtes baissées,

Imperméable à la beauté

 Du magnifique tapis doré

Que nous foulons à grands pas 

 

Le soleil n’est pas parti !

Il se cache sous nos pas …

 

Feuilles mordorées,

Des platanes d’été,

Feuilles grenadines

Des érables en feu

 

Elles volent avec grâce,

Tourbillons si légers,

Tombant sans bruit aucun

Sur le sol luisant

 

Quel merveilleux ballet

Quels splendides palais

Deviennent nos villes

 

Nous devenons des stars

Marchant sur des tapis

Tissés de rouge et d’or

 

Le ciel est à nos pieds 

Nous offrant sa lumière,

Végétale et dorée

Pour réchauffer nos coeurs

 

Encore une fois …

 

Ne fermons point

Nos yeux

A la beauté du monde

 

Remercions la Vie,

Remercions la nature,

Qui en toute saison

Nous offre sa parure !

104 – LE JEU DE L’OMBRE ET LA LUMIERE

7 novembre 2012

Mon âme 

Aspire à la beauté

A la pureté

A la bonté …

 

Mon coeur

Vibre avec elle

Rêvant

Parlant

Vivant

D’amour

 

Et pourtant,

Parfois,

De basses pensées

Viennent squatter

Mon esprit

 

Pensées

Pleines de colère

Pleines de misère …

Pensées

Qui jugent

Qui rusent

Qui grugent

 

D’où viennent-elles ?

 

Quelle ombre

Vient partager

La lumière

Dans l’espace secret

De mon inconscient ?

 

Pourtant,

Comme j’aimerais

Ne jamais avoir de telles pensées …

 

Ces passagères sombres

Qui forcent mon coeur,

Et mon âme,

A regarder en face

Mon humanité

 

Quel paradoxe !

Nous rêvons d’être bons

Et nous voilà,

Le regard dur,

Et la parole amère

 

Nous nous voulons

Compatissants

Et nos pensées

Jugent tout le temps

 

Comme si 

Quelque partie de nous

Echappait à nos rêves !

 

Alors,

Plutôt que de lutter

Je me suis demandée

Ce qui se passerait

Si je les acceptais …

 

Et là,

Bonne nouvelle,

J’ai compris

Que nous pouvions

Les transformer

 

Plutôt que d’avoir honte

Jouons avec elles !

Nos sombres pensées

Se parent alors d’ailes

 

Elles deviennent 

Lucidité,

Sans amertume,

Et nos colères 

Deviennent le moteur

De notre force

 

Car certaines sont justes !

Ne l’oublions jamais …

Et la bonté n’est point

De tout accepter,

Mais simplement

Ne pas juger

 

Nous sommes 

Des hommes et des femmes.

Dans notre corps

Coule du sang,

 

Ce sang est rouge

Couleur des hommes

Et de leur ombre

 

Et si notre défi

Etait de réunir

En nous

L’homme de sang

Et l’âme éternelle ?

 

L’ombre et la lumière …

Si nous avions le choix

D’exprimer à la fois 

Notre humanité

Et notre éternité ?

 

103 – VRAI OU FAUX SOURIRE ?

31 octobre 2012

Je souris,

Compréhensive,

J’applaudis,

Admirative …

 

Je choisis

D’être joyeuse,

Taisant

Mes doutes

Et mes peurs

 

Lorsque la colère

Gronde,

Je la raisonne :

 

«Reste où tu es,

Il n’y a pas

De raison

Pour s’emporter !»

 

Et …

 

Je souris,

Compréhensive,

J’applaudis,

Admirative …

 

Et si l’angoisse

Pointe son nez

Comme un reptile

Qui se faufile

 

Je m’arc-boute

Sans plus de doute :

«Retourne d’où tu viens

Vilaine bête !»

 

Et …

 

Je souris,

Compréhensive,

Je me raidis,

Je suis active

 

Face lisse,

Sans odeur

Et sans saveur …

 

Pour vivre en paix,

Pour être aimée,

Pour ne point

Etre jetée

 

La colère

Est une force

Que j’étouffe

 

L’angoisse

Est une cloche

Qui fait mouche

 

Elle sonne juste

Nous indiquant

Qu’il est le temps,

D’aller visiter

Nos dedans

 

Derrière …

 

Derrière la face lisse

Derrière le sourire compréhensif

Là où, parfois,

La tempête fait rage

 

Nous faisant oublier

Le mirage

D’un ciel toujours bleu

 

Mais …

 

Quel effort, parfois,

Telle une mise à mort,

Nous nous battons

Contre l’effroi !

 

Tout …

 

En souriant

De toutes nos dents

Pour cacher

Nos arbres morts

Nos cadavres

Dans la jungle

De notre inconscient

 

Et soudain …

 

Je souris,

Emue aux larmes,

Par le chant d’un oiseau

Le bleu d’un pétale

Ou le saut, si joyeux,

D’un écureuil coquin

 

Et j’applaudis,

Admirative,

Devant la beauté

De la vie

Qui alterne

Ciel bleu

Et ciel gris

 

Créant une peinture,

Comme une enluminure,

Somptueuse 

Et lumineuse

Alors …

Je remercie la vie 

Et je souris !

102 – LES PÊCHEURS DE PERLES …

24 octobre 2012

Mon intention, en créant le blog « Coeurs et Âmes » était de partager des petites pierres, ou plutôt des petites «perles», pour éveiller nos consciences, nos coeurs et nos âmes, au beau qui est en nous et autour de nous. 

J’ai en effet remarqué que nous ne les voyons pas, ou peu, perdus que nous sommes toutes et tous dans les méandres de nos vies. Les chagrins, les maladies, les conditions de vie souvent difficiles peuvent parfois jalonner nos chemins, nous assombrir, et nous faire perdre de vue la lumière …

J’espère donc que ces petites perles glanées ici et là, que je vous offre comme je vous offrirais une fleur chaque semaine, vous font du bien ! C’est le but 🙂

Toutefois, l’autre jour une amie lectrice m’a fait une remarque qui m’a beaucoup touchée. Elle ne se sent pas heureuse dans sa vie et, suite à diverses chroniques, elle m’envoya une missive me demandant ce que je cachais derrière toutes ces «belles pensées» et combien elles pouvaient être agaçantes pour ceux qui, ayant perdu en route leurs capacités de s’enthousiasmer et de s’émerveiller, ne pouvaient «voir» ou ressentir toutes ces belles images.

Je lui ai, bien entendu, répondu personnellement mais je voulais aujourd’hui m’adresser à ceux et celles qui pensent un peu la même chose, qui peuvent trouver «nian-nian» et trop naïfs ces textes, poèmes ou images que je vous envoie régulièrement.

Je voudrais faire une analogie entre le fait de n’être pas bien dans sa vie, d’être malade, malheureux, dépressif ou sans joie et … le fait d’avoir soif, TRES soif !

Quand nous avons soif, nous rêvons d’un grand verre d’eau fraîche et pure. Une eau désaltérante qui assouvirait notre besoin. Imaginez … vous êtes en train de marcher dans le désert, votre gourde est vide, il fait 40°, vous êtes fatigué et vous avez horriblement, terriblement soif.

Bref, vous avancez péniblement et, tout à coup, apparait une petite source. Oh ! Une toute petite, juste un ruissellement sur le sable. Cette eau est d’ailleurs très trouble et pas très appétissante : mais enfin, c’est de l’eau ! Et vous avez tellement soif …

Alors, bien sûr, vous prenez votre timbale et vous essayez de la remplir avec cette eau. Au bout de quelques minutes votre verre contient un peu d’eau. Mais cette eau semble saumâtre, TRES trouble.

Vous vous retrouvez donc avec votre fond de timbale remplie de cette eau «poussiéreuse». Que faites-vous ? Voici l’exemple de deux personnes qui se trouvent dans la même situation :

 1 – La première personne considère cette eau comme un miracle qui va lui permettre d’hydrater momentanément sa bouche et de pouvoir continuer son chemin en souffrant un peu moins. Elle remercie les anges de lui avoir offert ce modeste cadeau ! Et elle leur demande de protéger ses intestins, au cas où … :-), mais elle est certaine que ce trouble vient du sable qu’elle contient et elle boit son eau avec confiance, en savourant le sentiment de bien-être qu’elle lui apporte. Il n’y en a pas beaucoup mais c’est mieux que rien ! Sans elle, elle risquait de mourir, déshydratée, dans ce désert immense … C’est merveilleux la vie, n’est-ce pas ?

2 – La deuxième personne réagit différemment. Elle craint tellement d’être malade avec cette eau trouble qu’elle la dédaigne. «Non ! Je préfère «rien» plutôt que cette eau sale … C’est un cadeau empoisonné ! Quelle horreur … je n’ai vraiment pas de chance, je trouve une petite source d’eau, là, au milieu de cet horrible désert, et elle est sale et polluée. De toutes façons, je n’ai jamais eu de chance, alors …». Elle regarde sa timbale et, d’un air de martyre, elle renverse l’eau qui retourne dans le sable … Elle hausse les épaules et elle repart, la bouche de plus en plus sèche, les lèvres craquelées. Bien sûr, quelques centaines de mètres plus loin, elle tombe …

Quel est le rapport, vous demandez-vous peut-être, entre cette histoire et les perles dont je vous parlais plus haut ? Et bien, pour moi, ce petit filet d’eau est une perle que la vie offre à l’assoiffé. Elle nous rappelle que nous avons toujours le choix : accepter les cadeaux de la vie ou bien les refuser. Dans l’exemple ci-dessus, les deux personnes étaient perdues dans le désert et n’avaient plus d’eau. Elles étaient donc «égales» et, pourtant, l’une a pu survivre et l’autre non. Question de chance ? Non, question de choix !

Le chemin n’était pas plus facile pour la première que pour la deuxième ! Et même la fin du trajet, pour la première, a dû être difficile : elle n’avait bu qu’un tout petit d’eau. Mais ce «petit peu» l’a sauvée, elle a su l’accepter comme un cadeau et -surtout- faire confiance !

La confiance en la vie nous amène de merveilleux cadeaux … mais ce sujet mérite une autre chronique !

Donc, en conclusion, et pour répondre à cette amie lectrice : oui, parfois je ne me sens pas au top et j’ai mes angoisses, mes démons personnels, mes peurs, mes problèmes. Comme tout un chacun … Toutefois j’ai choisi, il y a bien longtemps, que la vie était belle «malgré tout». J’ai choisi de lui faire confiance et elle me le rend en jalonnant mon chemin quotidien de «perles» belles et lumineuses. Ces perles peuvent m’apparaître sous la forme d’oiseaux, de papillons, de sourires, de nuages, de fleurs, de merveilleux échanges avec ceux que j’aime, de lectures, de musique, de films, de ciel bleu, de lumière … et elles pourraient très bien passer inaperçues si je ne choisissais pas de les «pister» ou, tout simplement, de les reconnaître.

Ces perles embellissent ma vie, la rendent plus joyeuse, plus légère, plus intéressante. Elles lui donnent un sens …

J’espère donc que vous serez nombreux à vous joindre aux «pêcheurs de perles», c’est à dire à tous ceux qui fabriquent de merveilleux colliers de bonheur avec les perles que la vie leur offre.

 

101 – COMPRENDRE LA DIFFERENCE …

17 octobre 2012

Combien de blessures

Enfouies dans nos cellules

Déforment-elles

Notre vision du monde ?

 

Nous rêvons de justice

Et de relations lisses

Mais nous jugeons

A travers le prisme

 

De nos douleurs

De nos rancoeurs

De nos peurs …

 

Nous défendons

Des causes

Qui touchent nos valeurs

 

Et nous accusons ceux

Qui réveillent nos malheurs

 

Des hommes sont jugés,

Sans appel,

Car ils ont le même sexe

Que celui

Qui nous a meurtries

 

Les femmes sont

Bien souvent

Traitées injustement

Par des hommes

Qui punissent

Leurs mères ou leurs maitresses

De manière indirecte …

 

Plutôt que d’accepter

Nos failles et nos faiblesses

Nous les cachons derrière

Nos jugements

Souvent méchants

Toujours injustes

 

Je rêve d’un monde

Où le respect serait

Le Roi de nos émois

 

Nous verrions le beau

Sans pourtant nier le laid

Qui peut-être, illuminé

Par nos regards aimants,

Se transformerait

Et deviendrait charmant !

 

Nous écouterions l’autre

Avec notre coeur

Plutôt que le juger

A travers nos rancoeurs

 

Nous accepterions

Chacun nos différences

Et fêterions ensemble

Nos reconnaissances

 

Pour cela

L’honnêteté est de rigueur

Et ne pas hésiter

A regarder nos leurres

 

Nous crions

Comme des enfants

Qui jouent

A se faire peur

Préférant impressionner

Que raisonner et comprendre

 

L’autre

Le pourquoi

Le comment

 

Comprendre et accepter

La souffrance de l’autre

Nous aide à comprendre

Et accepter

Nos propres souffrances

 

Ainsi, petit à petit,

Dans le monde

L’amour peut grandir

Malgré

Les souffrances

Et les différences …

 

 

 

 

 

 

 

100 – L’ENFANCE VOLEE …

10 octobre 2012

Il était une fois une petite fille, toute belle, toute fine. Elle s’appelait «Désirée» … Oui, Désirée était le nom que ses parents lui avaient donné, soulagés d’avoir enfin pu donner le jour à un enfant. Il faut dire qu’il l’attendait depuis quelques années et qu’ils n’étaient plus si jeunes !

Désirée arriva donc sous les meilleures auspices, attendue qu’elle était aussi bien par ses parents que ses grand-parents. Une nouvelle âme était venue expérimenter la vie sur terre.

Désirée fût un bébé fort sage et souriant. Elle fît très vite toutes ses nuits et le lait de sa maman lui réussissait bien. Elle prit très vite de belles rondeurs et de douces couleurs.

Quelques mois passèrent, remplis des surprises qu’apportent un petit bébé : premier sourire, se tenir assise, première dent, premier mouvement de colère, premier nounours, première peur, première joie …

Désirée se développait harmonieusement … et ses parents, comblés, commençaient à faire des plans sur la comète.

 – «Elle est tellement belle, disait sa grand-maman, vous en ferez une mannequin»

 -« Quelle horreur, répondait la maman, non, Désirée sera diplomate, comme mon père, elle est tellement souriante !»

 – «Bon, c’est très bien tout cela, intervenait le papa, mais il faudra alors qu’elle parle plusieurs langues ! Nous la mettrons à l’école internationale …»

 – «Et si cette petite avait hérité du talent de mon père ? disait le grand-papa, elle pourrait devenir une grande pianiste ! Regardez ses mains, comme elles sont longues : de vraies mains de pianistes. Il faudra l’inscrire à l’école de musique : vous verrez, elle vous étonnera».

Et ainsi parlaient les adultes, penchés sur le berceau de ce petit bébé.

Un an, deux ans, trois ans passèrent. Désirée partit un beau matin, avec son petit sac à dos, pour l’école. Allez, ma petite, tu n’es plus un bébé mais une enfant : tu dois commencer ta vie de grande.

Du lundi au vendredi, Désirée se levait tôt pour rejoindre son école, sa classe et ses nouveaux petits copains. Parfois il jouaient ensemble, parfois ils pleuraient tous seuls dans un coin, parfois ils se pinçaient et se mordaient. Bref, Désirée se retrouvait en société, parmi ses frères et soeurs humains.

 – «Comment se comporte Désirée, Madame la Maîtresse ? Est-elle sage ? Eveillée ?» demandait la maman.

 – « Désirée est très bien intégrée, elle comprend rapidement, elle aime jouer et partager. C’est une enfant charmante qui ne pose aucun problème. Admirez ses dessins ! Ils pourraient très bien être faits par une enfant de la classe supérieure …»

La maman rentre chez elle, le sourire aux lèvres : ma fille est douée, même peut-être surdouée, non ? La Maîtresse a bien dit que ses dessins pouvaient être faits par une enfant plus âgée.

Après avoir couchée Désirée, les deux parents se congratulent : quelle petite merveille avons-nous mis au monde, n’est-ce pas ? Mais il ne faudrait surtout pas «gâcher» la marchandise : il ne suffit pas d’avoir du talent, il faut aussi le travailler. Désirée a presque quatre ans, il est temps de cultiver ses dons. Nous allons donc l’inscrire à un cours de musique pour tous petits, puis à un cours de langue pour enfants : n’oublions pas qu’il est important de parler plusieurs langues !

Et voilà notre petite Désirée «bookée» du soir au matin avec un agenda d’adulte : l’école, les cours de musique, les cours de langue, les sorties avec papa-maman, les visites à la famille, les anniversaires chez les petits copains, etc … Au début de ce rythme soutenu, la petite fille était fourbue : le soir, elle piquait du nez dans son assiette, ne rêvant que de retrouver son nounours bien au chaud dans son lit.

Puis elle s’habitua. Elle grandit ainsi, les yeux sur la montre, courant d’une classe à une autre, d’une activité à un sport. Ses heures, ses minutes même, étaient comptées ! Pas le temps pour rêvasser … pour s’ennuyer … pour souffler.

Les parents, très fiers, la voyait grandir en taille et en talent. A 6 ans elle savait déjà jouer quelques airs au piano !

 – «Bon sang ne saurait mentir …» se réjouissait le grand-papa.

Elle était toujours aussi belle et, à force de l’entendre, elle se prit même au jeu.

– «Maman, je voudrais un tee-shirt comme le tien !»

– «Maman, je voudrais du vernis sur mes ongles, comme toi»

– «Maman, je peux attacher mes cheveux comme les tiens ?»

Et, à chaque demande la Maman, si fière que sa «petite» Désirée soit si «précoce», disait oui. Désirée, au fil des mois, ressemblait de plus en plus à sa maman. Elle prenait des manières de «dame», admirait ses petits ongles rouges ou bleus selon son humeur, et prenait un air important et stressé.

Il faut dire qu’elle courait tout le temps la petite Désirée ! Du soir au matin, son planning était complet. Et il fallait aussi réussir des performances ! A l’école de musique, par exemple, il y avait un examen deux fois par an pour sélectionner les meilleures : Désirée se devait d’être parmi celles-ci, rien que pour voir les regards admirateurs de ses parents …

Elle eut 7 ans, 8 ans, 9 ans, 10 ans et toujours le rythme s’intensifiait. Elle prenait maintenant des cours de piano au conservatoire et avait rajouté à son planning des cours de danse classique. Sa grand-maman l’a toujours poussée dans ce sens, disant qu’avec son physique si gracieux ces cours développeraient son élégance. Elle commençait à bien maîtriser l’anglais et ses parents l’emmenaient chaque année faire de grands voyages afin qu’elle pratique régulièrement.

Bref, Désirée avait une vie bien remplie, comme on dit.

Elle tenait bien le choc et grandissait très vite. A 10 ans, vous lui en donniez 13 ! Ses longs cheveux, ses joues creusées par une fatigue chronique, ses manières et ses vêtements d’adolescentes, ses ongles vernis : tout faisait penser qu’elle était plus âgée qu’elle ne l’était. Et ses parents en étaient fiers !

Mais voilà, Désirée n’avait QUE 10 ans … Et, un jour, elle craquât. Elle fit une sorte de «burn-out», refusant de manger, ne travaillant plus à l’école, séchant même ses cours de musique. Il fallut un peu de temps avant que ses parents ne s’inquiètent vraiment et, lorsqu’ils l’emmenèrent chez le médecin, Désirée était si fatiguée que celui-ci conseilla de l’emmener quelque part, «au vert», pour quelques semaines.

Vous imaginez ? La pauvre petite fille se retrouvait littéralement épuisée … vidée.

Elle partit donc se reposer, en compagnie de ses grand-parents, dans leur petite maison au bord de la mer. C’était en janvier … Le temps était souvent maussade, tous les enfants étaient à l’école, elle se retrouva donc toute seule avec des journées entières devant elle : sans agenda, sans cours, sans pression.

Un vertige la saisit : elle avait dix ans mais n’avait JAMAIS appris à rêver, ni à jouer toute seule, ni à regarder la nature autour d’elle, ni à lire tranquillement au coin du feu, ni à dessiner simplement pour le plaisir, ni à chanter avec les oiseaux, ni à cueillir des fleurs, ni à ramasser les coquillages sur la plage, ni à faire des gâteaux avec sa grand-maman, ni … RIEN. Désirée ne savait rien faire toute seule !!! Elle n’avait appris qu’à apprendre, suivre des cours, obéir aux ordres de ses professeurs, à courir, à stresser …

Ses grand-parents, désolés, la voyait paniquer.

– «Que fait-on aujourd’hui ?» demandait-elle chaque matin

Et les pauvres grand-parents, après avoir écumé toutes les activités possibles un mois de janvier au bord de la mer, finirent par prendre conscience que Désirée n’avait pas besoin que de repos mais aussi d’une «réadaptation». Elle devait apprendre à devenir une enfant !

Et de quoi a besoin une enfant ? D’être cocoonée, bien sûr, protégée de certaines laideurs de la vie, d’avoir du temps pur apprendre à observer, à écouter, à rêver, à laisser le désir naître. Un enfant sur-booké ne peut avoir de désir, il n’a même pas le temps de rêver son futur ! Il ne peut qu’obéir aux injonctions de ses professeurs. Il lui faut travailler sans relâche pour obtenir des résultats : comme un adulte !

 Aussi, petit à petit, les grand-parents de Désirée concoctèrent un programme pour lui apprendre à redevenir une petite fille : ils lui expliquèrent le rêve, le temps, le plaisir de ne rien faire. Ils lui offrirent un petit chat pour jouer avec elle et accompagner son enfance.

Quand elle rentra chez elle, souriante et en forme, ses parents l’accueillirent avec émotion : quelle jolie petite fille nous avons, comme elle nous a manqué ! Et la vie reprit son cours sauf que Désirée avait appris -et aimé- vivre autrement. Elle retourna donc à l’école, bien sûr, mais abandonna la musique. Elle préférait la danse et, surtout, elle demanda à ses parents si elle pouvait retourner au bord de la mer, dans la petite maison, pour les vacances prochaines.

 – «Mais nous avions prévu de t’emmener en Australie ! Pour que tu découvres un nouvel accent … Pour que tu pratiques ton anglais».

 – «Je préfèrerais aller retrouver la plage et mon petit chat. Il me manque ! Vous voulez bien ? J’irais peut-être en Australie quand je serais grande !».

Bravo, Désirée, tu es une enfant plus sage que bien des parents …

99 – PRENONS LE TEMPS D’AIMER …

3 octobre 2012

Mon coeur

Est un peu triste

 

Il rêvait

De partages

Joyeux et délicieux

 

Mais lorsqu’il s’élance

Vers le coeur ami

Il rencontre souvent

Le silence

Voir l’oubli

 

Une onde

D’indifférence

Embrume les échanges

Enfermant chacun

Dans un monde

Lointain

 

Où les uns

Se sentent 

Vraiment tristes

Tandis que les autres

Anesthésient

Leurs coeurs

 

Ne souffrant

En apparence

Plus de rien

Appelant rire

Une bouche

Qui s’étire

 

Certains sourires

Sont des grimaces

Pour garder

La face

 

D’autres rient

De façon 

Si bruyante

Que le son

Est musique

Discordante

 

Car chacun

Rêve

D’échanges

Joyeux

 

Mais le temps

Semble manquer

Pour parler

A coeurs ouverts

 

L’un court

L’autre souffre

Sans parler

 

Bloqués

Devant nos images

Qui bougent

 

Mirages

Dangereux

Qui nous éloignent

De la réalité 

Du coeur

 

Le sourire

Commercial

Remplace

L’échange

Sincère et profond

 

Présentateurs

Acteurs

Journalistes

Sont presque tous

Dépressifs

 

Leurs sourires

Sont payés

Par des salaires

Somptueux

Et ils sont obtenus

Grâce aux cachets

Dangereux

 

Nous trompons

Notre coeur

En pensant

Que le leur

Nous est acquis

 

 

 

Nous parlons

Aux images

Et fuyons

L’entourage !

 

L’homme

Est ainsi fait

Il a besoin

D’amour vrai

 

Sans lui

Il se dessèche …

 

Retrouvons

Le chemin

Vers le coeur

Des autres

 

Quittons

Les écrans

Pour enfin

Prendre le temps

D’aimer …

98 – PAPILLON BLEU …

26 septembre 2012

Un beau matin

Un merveilleux

Papillon bleu

C’est posé

Sur ma main

 

Vous le croirez

Ou pas

Mais il m’a regardé !

Sur moi

Son regard 

C’est posé

 

Etait-il messager ?

Ou papillon curieux ?

 

Je ne sais mais,

Par son regard,

Il m’a changé …

 

Son corps léger

M’a parlé

De douceur

 

Ses ailes 

Si belles

M’ont chanté

Leur bonheur

 

D’être juste là,

Vivantes créations,

Nous apportant

La preuve

De la beauté du monde

 

Et puis

Ses fines antennes

Bougeaient

A gauche et à droite

Semblant parler

Un mystérieux 

Langage

 

Emue

Jusqu’aux larmes

Par ce radieux

Echange

 

J’ai remercié

La vie

D’être si généreuse

 

M’offrant

Un doux carillon

En forme de papillon

Pour sonner l’heure

Du bonheur

 

Il m’a dit

Tant de choses

En si peu de temps

Que ma notion

Du temps

S’est métamorphosée

 

Point besoin

De compter

En heure ou en seconde

Les heures qui s’égrènent !

 

Le présent nous apporte

L’éternité …

 

L’éternité

De l’instant

Juste et éphémère

Qui s’étire en riant

Vers un autre instant

 

Merci papillon

Pour ce doux moment

Je n’oublierai jamais

Ton message si discret …

 

97 – LE MANEGE …

20 septembre 2012

L’enfance

Est le temps

De l’observation …

 

Le petit

Apprend

En regardant 

Les grands

 

Il se fait

Son idée

Sur la vie

Sur le monde

 

Puis il grandit,

Devient adolescent,

Trouvant bien cons

Tous ces adultes

Qui tournent en rond

 

Il les juge

Les condamne

Puis rentre un jour

Dans le manège

 

Pensant faire mieux

Pour être heureux

Rêvant d’un monde

Juste et honnête

 

Les années passent

Il a trente ans

Il tourne, il tourne

Sur le manège

Des grands

 

Plein d’espoir

Plein d’images

Plein d’idées

Et de courage

 

Le monde est beau,

Admirez-le !

 

Jusqu’au moment

Où la réalité

Vient casser

Sa belle image

 

Il perd alors

Ses illusions

Apprenant

Une grande leçon

 

Le monde tourne

Comme un manège

Avec des règles

Et des stratèges

 

Il a grandit

Le jeune enfant

Il est entré

Chez les grands

 

Mais le manège

Tourne

Dévoilant à ses yeux

D’autres paysages

 

Plus sereins

Plus calins

Offrant à son âme

D’autres matins

 

Il a appris

Que tout ce qui brille

N’est pas d’or

Mais peut faire du tord

 

Alors il se tourne

Vers d’autres rêves

Moins brillants

Mais plus vrais

 

Offrant à l’univers

Sa force nouvelle

Acquise 

Par l’expérience

De la vie

 

Merci

A vous tous

De garder

L’âme forte

Même si parfois

Le monde est 

Décevant

 

Il l’est par petits bouts

Jamais dans son entier

Le laid et le beau

Se disputent souvent

 

A nous de choisir

Quel chemin

Nous emprunterons

Demain

 

Laissons donc

Le laid

Sur le manège

Gris

 

Le beau 

Nous tend les bras

Offrons lui

Notre vie !

 

 

 

 

 

96 – TOURISME OU VOYAGE ?

12 septembre 2012

Partir en promenade

Au-delà des mers

Ecouter la sérénade

Des étrangères

 

Voilà, parait-il,

Les vacances de rêve …

 

Rester bien tranquille

Au milieu de son île

Admirer son jardin

Et chanter le matin

 

Voilà, parait-il,

Une vie bien simpliste …

 

Pourtant,

Combien d’entre nous,

Même éloignés de tout,

Quittent-ils vraiment

Leurs certitudes ?

 

Qu’ont-ils appris

Ceux qui s’extasient

Sur un paysage

Aperçu en passant ?

 

Partir loin

Peut signifier

Rester près

 

Près de ses pensées

Près de ses schémas

Près de ses habitudes

 

A l’autre bout du monde

Rester dans la ronde

Dans laquelle nous sommes

 

Simplement 

Remplir le temps

Avec du soleil,

Des photos, des merveilles …

 

Oublier d’aller voir

Ceux qui vivent en miroir

Ils parlent autrement

Et vivent différemment

 

Oublier qu’il faut du temps

Pour découvrir vraiment

 

Etre touristes

C’est prendre le risque

De ne voir

Que le dessus du monde

 

Cascades et canyons

Monuments et églises

Se disputent l’honneur

Avec les plages lisses

 

Nous faisant ignorer

Ces hommes et ces femmes

Qui ont donné leur âme

A cette partie du monde

 

Vivre avec eux

Demande du temps

Et un certain engagement

 

Nous ne pouvons alors

Aller en sauts de puces

Butiner les splendeurs

Du monde

 

Qui demande d’ailleurs

Bien plus qu’un moment

Pour révéler sa beauté …

 

Au coeur de son île

L’homme tranquille

Découvre souvent

D’autres splendeurs

 

Il prend le temps

De les admirer, de les savourer

De les contempler …

 

Nous pouvons voyager

Assis sur un rocher

Et vivre des aventures

A notre mesure

 

Nous pouvons aussi

Partir loin 

S’évader

D’un présent trop serré

 

Chacun son chemin

Chacun son demain

 

 

Simplement

Prendre conscience

De la différence

 

Faire du tourisme

Et voyager

Sont aussi éloignés

Que la terre 

L’est des nuages !

 

Faire du tourisme

C’est glaner,

Ici et là,

Quelques émois,

Sur la surface du globe

 

Cueillir

Quelques clichés

Dans la beauté du monde

Pour nourrir son esprit

Des fleurs qui jaillissent

De notre mappemonde !

 

Le voyage,

Quant à lui,

Est un chemin

Intérieur

Qui se fait pas à pas

Et peut nous emmener

Loin

 

Il peut se faire

Loin de chez soi

Ou au coeur de Soi …

Une autre façon de « voyager » …