Aller au contenu principal

38 – LE GOÛT DU BONHEUR …

10 août 2011

J’aimerais partager avec vous une belle leçon de vie que m’ont donné deux petites filles. 

Lorsque nous sommes en ville, Yves et moi apprécions beaucoup de nous asseoir quelque part, à la terrasse d’un  café ou bien dans un parc public, et nous observons les gens qui nous entourent. Nous apprenons ainsi, beaucoup plus que dans les livres, sur les comportements des humains !

Ce jour là nous étions dans un parc : il faisait beau, l’air était léger, les fleurs embaumaient et l’ambiance était paisible : vous savez, ces journées parfaites où l’on remercie Dieu, la source ou tout simplement la Vie d’être là, sur notre belle Terre.

A un moment, une maman et sa petite fille se sont installées près de nous. La maman avait l’air un peu las (nous avons compris pourquoi après !) et la petite fille -environ 8 ans- était bougonne. Elle traînait les pieds et râlait …

Sa mère s’est assise et a montré à la petite (qui s’appelait Diana) les jeux qui étaient là, devant elle : balançoires, échelles, portiques et autres délices pour enfants. Mais Diana ne voulait pas se balancer ni jouer avec qui que ce soit. Sa maman lui propose alors un fruit : elle l’attrape sèchement, sans la remercier, croque dans l’abricot et jette le reste d’un air dégoûté. 

«Tu n’aimes pas, ma chérie ?» lui demande sa maman
«J’ai pas envie d’abricot» répond Diana
«Tu préfères peut-être un gâteau ?»
Joignant le geste à la parole, sa mère lui met un gâteau dans les mains.
«Non, j’en veux pas» bougonne Diana qui, encore une fois, jette le gâteau par terre.

 Sa mère lève les yeux au ciel, ne dit rien, se lève, va ramasser le gâteau ET le morceau d’abricot.

 «Diana, je t’ai déjà dit de ne pas jeter par terre : si tout le monde faisait cela, tu imagines l’état du parc ?»
«Je fais ce que je veux» répond Diana, l’air de plus en plus buté et sombre.
 «Va jouer, ma chérie, lui dit sa mère en souriant. Regarde, il y a ton amie Sophie qui s’amuse là-bas. Va la rejoindre !»
 «Non, elle m’énerve, je l’aime pas».
 «Tu préfères lire à côté de moi ? Veux-tu que je te raconte une histoire ?»
 «Non, je veux rentrer à la maison !»
«Mais, ma chérie, nous venons d’arriver et c’est toi qui voulait aller au parc !»
 

Voilà, grosso-modo, le dialogue dont nous avons été témoin dans ce parc ce jour-là. La maman semblait au bout du rouleau, excédée et ne sachant plus quoi faire. Manifestement elle cherchait à faire plaisir à son enfant même si, apparemment, celle-ci n’appréciait rien. La petite Diana semblait souffrir du syndrome : «J’ai envie d’exister en opposition», quitte à se rendre malheureuse, à ne jamais profiter des bons moments et, bien sûr, à empêcher sa mère (et les autres) d’être heureuse également.

Je regardais cette petite avec beaucoup de compassion mais … je l’avoue … un certain énervement. Elle avait la chance d’être là, dans un bel endroit, des jeux, une amie, une maman aimante, une bonne santé et … elle se gâchait la vie ! Quelle tristesse … Que lui manquait-elle ?

C’est alors que sont arrivées, s’installant sur un autre banc, une femme poussant une chaise roulante dans laquelle se trouvait une petite fille, chétive, toute blonde, environ de l’âge de Diana. Elles papotaient et riaient, elles avaient l’air complices et heureuses d’être là, toutes les deux.

Je ne sais pas de quel handicap souffrait la petite mais, lorsque j’ai croisé son regard, je fus émerveillée par la joie qu’il irradiait. Ses yeux pétillaient comme deux soleils et elle me sourit avec un air tellement gentil que j’en fus toute émue !

Sa maman lui proposa alors d’aller se balancer … J’en suis restée toute surprise : la petite ne semblait pas en état de marcher, ses jambes étaient si fluettes ! 

 «Veux-tu aller de balancer, Fleurette ?» (ce prénom lui allait tellement bien …)
«Oh ! oui, merci maman»

Sa mère se lève alors et la pousse tout près de la balançoire. Arrivée là, elle aide la petite Fleurette à se mettre sur ses jambes flageolantes et, au prix d’un bel effort, la petite fille s’est jetée sur le siège de la balançoire. Sa mère a alors commencé à la pousser, de plus en plus fort, et Fleurette riait, riait, et son rire évoquait un concert de clochettes.

Sa maman riait à l’unisson et elle formait une image tellement belle, toutes les deux, que mon coeur a rit avec elles. Combien cela lui faisait du bien, à mon coeur, d’entendre rire si gaiement la petite Fleurette après la triste scène dont nous avait affligés Diana !

Fleurette est redescendue de sa balançoire, a repris sa place dans sa chaise roulante, puis elle est allée se pencher vers un petit garçon, de deux ou trois ans, qui jouait tout près avec une petite voiture. Je ne sais pas ce qu’elle lui a raconté, je n’entendais pas d’où j’étais, mais elle l’a fait rire, courir, revenir vers elle et il semblait vraiment heureux tous les deux.

Ces deux rencontres, ces deux petites filles du même âge mais tellement différentes, m’ont fait beaucoup réfléchir. L’une avait tout pour être heureuse … et ne l’était pas car elle gâchait tout par son attitude. Manifestement, elle n’avait pas le goût d’être heureuse.

L’autre était handicapée, en chaise roulante à 8 ans, et ce -peut-être- depuis sa naissance. Je ne sais pas, mais on voyait bien qu’elle était très fluette. Forcément, elle devait souffrir dans son corps et dans son âme de ne pouvoir vivre et courir comme tous les enfants de son âge. Pourtant, elle semblait heureuse : elle irradiait et était ouverte aux autres. Malgré son grand handicap, cette petite fille était un cadeau et sa maman semblait bien plus sereine que la mère de Diana !

Fleurette a compris quelque chose qui, je pense, échappe à beaucoup d’entre nous : le bonheur est là, il est en nous, nous pouvons à tout moment choisir de le cultiver, l’arroser, le savourer, le partager et il peut être présent même au milieu des difficultés … Merci à toi, Fleurette, pour cette merveilleuse leçon et j’espère que Diana, un jour, saura elle aussi développer le goût du bonheur !

36 – Une rhinocéros peut-elle séduire un éléphant ?

26 juillet 2011

Je vais vous conter une histoire tirée d’une légende qui se raconte dans  la savane : donc, bien évidemment, toute ressemblance avec des personnes ou des situations semblables ne serait que le fruit du hasard …

Un jour, lors d’une promenade sur ses jambes solides, mademoiselle Rhinocéros décida de se marier. L’âge avançait, elle avait bien profité de sa liberté, jouissant de ses longs bains dans la rivière, de ses douces siestes au soleil et du partage avec ses congénères.

Car, socialement, mademoiselle Rhinocéros était très entourée et tout le monde l’appelait «Rhiry».Elle se mêlait souvent de la politique du troupeau, et barrissait bruyamment lorsque l’on ne l’écoutait pas. C’est ainsi qu’elle se fit la réputation d’être une Rhinocéros … un peu féroce … lorsque l’on lui résistait. Les mâles se méfiaient donc …

Rhiry

Certains se sont frottés à cette demoiselle, essayant de dominer cette femelle agressive, et y ont laissé quelques morceaux de peaux. Ils ont donc fuit très vite, abandonnant la demoiselle à ses rêves de domination. Ils se tournèrent vers des femelles plus douces qui leur permettaient d’épanouir leur virilité sans risquer de la perdre.

Bref, le temps passait et Rhiry n’était toujours pas mariée, ni n’avait enfanté. Il était temps …

Tous les mâles du troupeau lui étant désormais hostiles, elle décida d’orienter ses recherches vers d’autres mammifères. Sa taille, et son mode de vie, lui était un problème : aucun cougar, lion ou panthère ne voudrait d’elle, c’est sûr ! Un buffle peut-être ? Mais il y en avait peu dans les environs. Girafes ? Trop fines, trop hautes ! Elle paraîtrait vraiment disgracieuse à ses côtés. Et … un éléphant ? Oui, un bel éléphant bien puissant : ce serait tout de même stimulant de le voir se rouler dans la boue devant elle pour lui prouver son amour. Vous imaginez ? Une demoiselle Rhinocéros faisant plier un éléphant devant elle ?

L’idée la séduit et les éléphants étaient assez nombreux dans cette partie de la savane pour espérer en «pêcher» un. Mais, bon, normalement ils se marient entre eux  ! Comment faire ? Rhiry sortit donc de sa mare et partit en quête d’un troupeau d’éléphants. «Nous aviserons sur place», pensait-elle.

Dandinant son gros derrière, sa corne fièrement dressée, Rhiry avançait doucement, l’odorat et l’ouïe en alerte. Tout à coup elle sent la terre vibrer et une forte odeur lui chatouille les narines : un troupeau d’éléphants se rapproche. Elle se cache derrière un buisson et attend : elle a décidé d’observer et de se faire une idée.

Il s’agit d’un troupeau de mâles (cela tombe bien !) : quelques jeunes autour de trois éléphants plus âgés. Ils semblent calmes et mangent les feuilles des arbres. Mais, tout à coup, l’oeil de Rhiry tombe sur un jeune éléphant solitaire qui semble suivre le troupeau de loin. Un éléphant solitaire est bien plus facile à séduire qu’au milieu d’un troupeau de mâles solidaires ! Surtout pour une demoiselle Rhinocéros … Car, il est vrai, ce n’est pas banal. Comment faire ? Rhiry décide d’employer les mêmes tactiques qu’elle utilise avec ses congénères. Un mâle est un mâle, n’est-ce pas ?

Elle s’approche donc de lui en ondulant de la croupe et en le fixant dans les yeux avec un air langoureux. Le pauvre éléphant en est tout troublé ! Que lui veut cette demoiselle rhinocéros ? Il regarde autour de lui, devant et derrière, cherchant quel animal a séduit ainsi la demoiselle. Mais il n’y a que lui …

Phanphan

 Lui, Monsieur Eléphant, que tout le monde appelle «Phanphan». Lui qui doute de lui, se trouvant bien trop gros, même pour un éléphant. Lui qui n’ose jamais s’imposer aux éléphantes, même à celles qu’il trouve élégantes. Lui qui vit seul depuis si longtemps qu’il rêve de pouvoir, enfin, se marier et d’avoir des petits. Des petits éléphantaux qu’il aimerait tellement fort !

Bref, Phanphan est charmant mais d’une navrante naïveté : il ne sait jamais démêler le vrai du faux et ses émotions sont tellement fortes que, bien souvent, elles l’emportent sur les rives de l’irrationalité. Il perd alors tout son bon sens …La preuve, il est tellement flatté, et troublé, par les avances de Rhiry qu’il en oublie illico qu’elle n’est point éléphante mais rhinocéros. Il oublie que leurs langages sont différents, leurs attentes et leurs valeurs également.

Et Rhiry jubile ! Elle a enfin trouvé un mâle qui ne la connaît pas et qui semble timide et docile. Elle va pouvoir prendre les rennes et diriger Phanphan comme elle l’entend. Bien sûr, ils communiquent comme ils le peuvent mais -forcément- jamais profondément. Elle lui siffle des mots doux entrecoupés d’ordres impératifs. «Avec moi tu ne seras plus jamais seul, Phanphan, mais tu dois faire tout ce que je te dis».Phanphan se laisse prendre par la trompe et suit Rhiry qui se rit un peu de lui. Il est tellement docile, l’imbécile !

Mais … sa famille, ses frères éléphants, ouvrent des yeux effarés : comment Phanphan peut il vivre avec une rhinocéros, ils sont trop différents ! Ils mettent en garde Phanphan : quel bébé peut-il naître de l’union de deux races si différentes ? Et cette Rhiry, pourquoi refuse-t’elle de les rencontrer, de venir jouer et rire avec eux ? Car Rhiry veut bien s’unir à Phanphan mais, comme elle-même l’a fait en quittant son troupeau, elle exige de lui qu’il quitte les siens. Elle se sent bien de mener Phanphan par le bout de la trompe mais se rend bien compte qu’elle ne ferait pas le poids au milieu d’un troupeau d’éléphants !

Rhiry va donc trop loin dans ses exigences : elle a sous-estimé l’affection que les éléphants se portent entre eux. Comme les humains, ce sont des êtres sensibles et affectueux. Ils ont besoin les uns des autres pour vivre heureux. Aussi Phanphan, au bout d’un temps, ne peut plus supporter cet isolement. Il a besoin des siens : pour parler sa langue, pour partager ses valeurs, pour rire des mêmes choses.

Mais Rhiry ne veut rien entendre : ce sera eux ou moi. «Me laisserais-tu, moi pauvre rhinocéros, qui a tout quitté pour toi ?». Phanphan a déjà oublié qu’il n’a rien demandé ! C’est un être touchant, sensible et protecteur. Il voudrait tellement que Rhiry soit heureuse : mais quoiqu’il fasse, rien n’y fait. Rhiry voudrait faire de lui un rhinocéros alors qu’il est éléphant ! Ils en viennent aux menaces et aux grimaces. Ils pleurent, se battent, se chassent. Rien n’y fait : Rhiry ne veut pas quitter sa proie ! «Il est à moi !».

Alors, un jour, Phanphan fatigué et perclus par les bleus que son coeur endosse, décide de reprendre sa liberté. Il ne peut plus vivre séparé des siens … Il est un éléphant élégant : il tente de lui parler avec douceur, du bonheur qu’ils retrouveraient chacun en étant parmi les leurs. Rhiry n’en croit pas ses oreilles : Phanphan ne veut plus obéïr, il remue ses oreilles et barrit fortement. Il se rend compte alors qu’il n’est pas rhinocéros mais qu’il a la force du roi des animaux : il est un éléphant.

Rhiry ne rit plus. Elle se roule dans la boue, barrit et charge sur tout ce qui l’entoure : buissons et petits arbres sont arrachés dans la journée. Elle crache et siffle mais rien n’émeut plus Phanphan : il a retrouvé son port de roi et il ne craint plus rien d’une demoiselle rhinocéros …

Epilogue :

Rhiry repartit retrouver son troupeau et son coeur s’adoucit devant l’accueil qu’il lui fît : elle se sentit revivre, là, au milieu des siens et elle comprit alors qu’aucune rhinocéros ne pourrait vivre en paix avec un éléphant  … Quant à Phanphan, lui aussi reprit contact avec son clan et il rencontra un jour une belle éléphante aux oreilles gracieuses et à la trompe audacieuse : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’éléphantaux !

35 – La balançoire de la vie …

20 juillet 2011
Extrait de Cosmik Roger Art Blog

Un jour blanc,

Un jour noir,

La vie est comme une balançoire

Parfois l’on s’envole haut

En riant aux éclats

Parfois l’on reste en bas

Le coeur en émois

Certains aiment

Se faire peur

En s’envolant trop haut

Préférant le vertige

D’une chute possible

A la quiétude

D’un doux balancement

D’autres, au contraire,

Freinent de leurs peurs

Le moindre mouvement

Bloquant la balançoire

Au milieu de leur vie

Il y a ceux qui rêvent

De s’envoler là-haut

Mais frissonnent de terreur

Au moindre mouvement

Si nous parlions de ceux

Qui attendent patiemment

Qu’une âme bénévole

Les pousse savamment ?

 Evoquons les actifs

Qui s’agacent fortement

Devant ces balançoires

Stoppées dans leur élan !

lls arrivent

L’air déterminé,

Et d’un violent mouvement

Lance le siège au vent

Riant avec mépris

Devant l’air affolé

De la petite brebis

Qui pleure et qui crie

 Que dire aussi

De ces coeurs, dits altruistes,

Qui, au lieu de voler

Dans les airs de leur vie,

Préfèrent attendre en bas

Observant la voisine

Qui, c’est sûr, ne peut pas

S’élancer sans son aide !

Balançons

Demoiselles,

Balançons

Beaux garçons

 Que l’on soit dans les airs

Ou bien encore au sol

La vie nous interpelle

Et nous attire à elle

Puisque nous sommes

Tous dans la nacelle

Laissons nous emporter

Par l’amour et ses ailes

Rions comme des enfants

Joyeux et malicieux

Chantons pendant l’envol

Et n’ayons jamais peur

De quitter le sol …


Citation du jour …

17 juillet 2011

La Naissance de Vénus de Botticelli

« C’est après l’âge des passions que les grands hommes ont produit leurs chefs-d’oeuvre »

Chamfort

Ecrivain français (1741 – 1794)

37 – LES YEUX DU COEUR

17 juillet 2011

L’autre jour j’ai assisté à une scène qui m’a profondément émue. Un couple d’âge mûr, même très mûr puisqu’ils oscillaient aux environs des 80-85 ans, étaient au restaurant. Ils fêtaient certainement un événement heureux : ils s’étaient habillés élégamment et avaient commandé une bonne bouteille. 

En tant que témoin, puisque je ne les connaissais pas, je pouvais juste «voir» un vieux couple, lui très abîmé par les années et elle toute ridée comme une vieille pomme. Ils semblaient -pourtant- (j’ai un peu honte d’écrire «pourtant» !) très amoureux et heureux d’être là, ensemble. Et tout à coup, tandis que la vieille dame était partie aux toilettes, son amoureux a subrepticement sorti un petit paquet de sa poche et l’a posé sur son assiette.

J’étais complètement fascinée par son air : à la fois un peu intimidé, coquin, anxieux et conquérant. Oui, il exprimait toutes ces émotions à la fois ! Son pied battait une cadence imaginaire sous la table : il était impatient de voir la réaction de sa «belle». Celle-ci n’a pas tardé à revenir, marchant à petits pas coquets à travers la salle du restaurant. Elle marchait comme une reine qui a conquis son roi. Elle s’assit et … tout à coup … aperçut le petit paquet : mon Dieu qu’elle est devenue belle en levant ses yeux vers lui ! Elle rayonnait et n’avait plus d’âge : à la fois jeune fille, femme mûre et vieille dame. Elle a ouvert son cadeau avec des gestes lents, savourant ce moment. Lui la regardait avec tellement d’amour et d’admiration qu’un sourire béat m’est venu aux lèvres : ainsi, l’amour n’avait pas d’âge, l’amour ne s’occupait pas des rides et des doigts déformés, l’amour voyait -avec les yeux du coeur- la beauté intérieure. 

Le vieux couple, par la magie de l'amour, s'est transformé en timides amoureux

Dans le petit paquet il y avait deux superbes boucles d’oreille. Elle les a posé dans sa paume, qui tremblait un peu (l’émotion ou l’âge, peut importe …), et les a mises a ses oreilles. Elles étincelaient comme deux étoiles mais … que dire de son regard ? Un regard lumineux de jeune épousée. Lui était encore plus intimidé, il se sentait gauche face à cette reine qu’il avait conquise et, tout à coup, submergé par l’émotion il a dit très fort «Que tu es belle !». Et cette phrase, toute la salle l’a entendu tellement il l’a dite avec force … Bien sûr, tous les regards se sont tournés vers elle, chacun cherchant à voir la belle femme qui déclenchait une telle admiration.

Vous auriez vu, amis lecteurs, les sourires condescendants des «jeunes» ! Aussi bien envers elle, qui se tassait sur sa chaise comme la vieille pomme ridée qu’ils «voyaient», qu’envers lui qu’ils prenaient pour un vieux gâteux. Je ne présuppose pas, je l’ai entendu de mes oreilles … Et tous ces regards, non pas malveillants mais «jugeants», ont presque eu raison de nos tourtereaux. Je dis bien presque car … à ce moment là … une petite fille s’est levée et a couru vers la vieille dame en disant : «Tu es belle avec tes étoiles aux oreilles : tu me les prêtes, dis ?».

Je remercie ce couple d’amoureux de tout mon coeur car ils m’ont appris une chose tellement importante : lorsque nous regardons avec les yeux du coeur nous voyons la beauté éternelle. Je remercie également cette petite fille d’avoir bouclé la boucle et de m’avoir montré qu’il n’y a pas d’âge pour aimer …

 Pour terminer, une citation de Jeanne Moreau (actrice française) :

 «L’âge ne vous protège pas des dangers de l’amour. Mais l’amour, dans une certaine mesure, vous protège des dangers de l’âge».

34 – La vie est un concerto …

13 juillet 2011

Dehors le vent d’orage souffle, chassant nuages et fleurs fanées au loin. Il me rappelle, à sa façon, que l’on peut toujours «envoyer en l’air» ce qui n’est plus juste ! Je viens de finir d’écrire ma dernière chronique et, déjà, je ne la trouve plus juste. Alors je choisis de «l’envoyer en l’air»  et de la remplacer par celle-ci.

Dans cette chronique, je vous parlais d’un duo bien connu : victime et sauveur. J’avais même omis de vous parler du troisième larron, qui permet à ces deux compères de bien fonctionner ensemble, c’est le bourreau. Car pas de victime sans bourreau et … pas de sauveur sans victime.

C'est le sauveur qui crée la victime ...

ou la victime qui crée le sauveur ?


Pour illustrer mon propos, je vous racontais ma dernière tentative de sauveuse, en compagnie de Marie, auprès de notre amie Lilly. Je vous décrivais sa vie, pas facile, et ses derniers déboires. Lilly traverse une période difficile qui stimule, chez elle, la victime. Alors, bien sûr, cela attire à elle les sauveuses en manque de boulot ! Dont j’aurais pu faire partie si une prise de conscience soudaine ne m’avait traversé l’esprit …

Oh ! Bien sûr, tout ce que j’ai écrit sur Lilly est juste. Les faits sont là, l’analyse sur les raisons de ses choix me semble correct et c’est vrai que Lilly est prisonnière, en ce moment, de son rôle de victime. Mais … Lilly c’est aussi une chouette jeune femme, courageuse et fière, qui est toujours prête à rendre service. Et, ça, mon texte bien rationnel ne le mettait pas en valeur. Je voulais tellement démontrer ma théorie que j’en ai oublié la vision du coeur !

Car, ne l’oublions jamais, nous sommes tous multiples. A la fois capable de nous plonger dans des rôles aliénants de victime, de bourreau ou bien de sauveur. De toutes façons, nous alternons. C’est ce qu’on appelle, en analyse transactionnelle, «le triangle infernal» : la victime trouve un bourreau et un sauveur. Jusqu’au moment où le sauveur devient la victime de la victime (vous me suivez toujours ??) qui, elle, devient donc bourreau ! Et ainsi de suite …

Donc, pour en revenir à Lilly, je l’avais complètement figée dans un aspect d’elle-même en oubliant ses beaux côtés. Ce n’était vraiment pas juste !

Nous sommes tous, en permanence, sur une corde raide. Tous nous pouvons, à un moment ou un autre, sombrer dans des rôles qui nous entraînent dans une spirale négative. Qui peut prétendre être à l’abri de se sentir, un jour, victime de quelqu’un ou de quelque chose ? Lorsque tout va bien, ok, nous nous en sortons et nous pouvons écrire des théories et prendre notre air supérieur pour donner des conseils mais … quand quelque chose va mal ? Alors, là, nous retrouvons bien vite le chemin de nos plaintes …

C’est pourquoi je pense, bien qu’il soit important de prendre conscience de tous ces modes de fonctionnement toxiques qui nous empêchent d’être libres et heureux, qu’il ne faut pas jeter la pierre lorsque nous dérapons : ni à nous-mêmes, ni aux autres.

D’un côté il y a la raison … qui raisonne, et de l’autre il y a le coeur qui aime, qui accepte et qui compatit. La vie est une immense partition musicale et chacun d’entre nous est un concerto. Parfois nous jouons merveilleusement bien, parfois nous faisons de fausses notes. C’est ainsi … et tous les musiciens savent qu’une fausse note est très vite arrivée ! C’est pourquoi ils sont très concentrés, très vigilants. Il répète encore et encore jusqu’à ce que leur «jeu» soit fluide et harmonieux. Dans la vie c’est la même chose : pour vivre en harmonie il nous est demandé beaucoup de concentration et de vigilance. Une fausse note est si vite arrivée !

Je rends donc hommage à Lilly, qui fait tout ce qu’elle peut pour jouer sa partition, et à Marie qui m’a permis de comprendre un petit plus la musique de la vie.

Et je vous souhaite à tous, amis-lecteurs, d’accepter vos fausses notes sans rancune, sans critiques excessives, mais avec reconnaissance : grâce à elle vous aller progresser. Car nous faisons souvent les mêmes, voire toujours les mêmes ! Il nous suffit donc de les repérer pour les éviter.

Plus chacun d’entre nous jouera «juste» plus il permettra à l’autre d’entendre de la belle musique et, peut-être, de donner à cet autre le désir de jouer plus juste ! 

33 – DU REFUS A L’ACCEPTATION

29 juin 2011

En cette période «d’indignation», très bien décrite par Yves au fil de ses chroniques (www.chronique-libre.com) et illustrée par les informations quotidiennes, une pensée m’est venue ce matin inspirée par une conversation avec une grande amie, une soeur d’âme. Elle se reconnaîtra certainement puisque c’est elle qui, ce matin, m’a permis de me reconnecter avec … l’acceptation !

En ce moment où il est de bon ton d’être «révolté», «indigné», dans le refus et le rejet de ce qui ne fonctionne plus aujourd’hui, de tous ces abus qui ont amené notre monde là où il est, et bien je crois qu’il est important de parler également d’acceptation.

L’acceptation, c’est lâcher prise avec ce que nous ne pouvons changer. Et s’il y a des choses sur lesquelles nous avons un pouvoir, il en est d’autre où nous n’en avons pas.

Pour illustrer, je vous rappelle ci-dessous cette petite prière anonyme (en tous les cas je ne connais pas le nom de l’auteur) qui résume tout à fait ma pensée d’aujourd’hui et que nous devrions nous réciter chaque matin au lever !

«Mon Dieu,

Donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer,

Donne-moi le courage de changer les choses que je peux changer,

Et, surtout, donne-moi la sagesse d’en connaître la différence».

Bien souvent je ne me sens pas sereine … Je traverse des tempêtes émotionnelles et, parfois, je me sens comme emportée par un cyclone : alors je m’accroche aux branches, c’est à dire que j’essaie de comprendre ce qui m’a mis dans cet état. Et souvent je découvre que je réagis au comportement de quelqu’un de mon entourage. 

Par exemple, en ce moment, je revis des sentiments de rejet face aux gestes d’amour que j’offre et qui ne sont pas acceptés. Alors, bien sûr, cela me fait mal. Je dis «bien sûr» mais si j’écoutais toutes les leçons que j’ai apprises et que j’ai répétées tout au long de ces dernières années, cela ne devrait pas me toucher ! Car, enfin, c’est le problème de «l’autre» -et son droit le plus total- de ne pas accepter l’affection que je lui propose … Et c’est à moi de stopper là toutes mes velléités d’offrandes si sa réaction ne me convient pas. Personne ne m’oblige à quoique ce soit !

Pourtant, je «n’accepte» pas : je trouve cela injuste. Je me mets donc, inconsciemment, en position de victime. Pourtant, Dieu sait comme je n’aime pas jouer ce rôle ! Car cette «non-acceptation» de la réaction de l’autre et mon nombrilisme (qui me fait penser que cela m’est particulièrement adressé) m’empêchent de rester sereine. Dans cette situation, c’est clair, je donne le pouvoir à l’autre et je perd complètement le mien ! Je me mets en position «d’attente» que son attitude change, qu’elle comprenne, etc … 

Mais nous ne pouvons jamais changer qui que ce soit ! Cela, je le sais … Donc, pourquoi gâcherais-je mes jours et mes nuits avec des remous émotionnels complètement hors propos ? La solution, là voilà : «Mon Dieu, donne moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer». Première étape.

Voici la seconde : «Mon Dieu, donne-moi le courage de changer ce que je peux changer». Alors, là, pas d’hésitation ! Je peux changer totalement de réaction et ACCEPTER. J’offre ce que j’ai envie d’offrir, l’autre accepte ou n’accepte pas. CE N’EST PAS MON PROBLEME ! C’est le sien … 

 «Mon Dieu, merci de m’avoir donné la sagesse de connaître la différence !»

Accepter c’est donc lâcher prise avec des attentes qui ne sont pas en notre pouvoir. C’est remettre à l’univers ce qui nous a blessé, d’une façon ou d’une autre. C’est reprendre son pouvoir personnel et lâcher ce qui ne nous appartient pas. L’agressivité de l’autre, par exemple, ne nous appartient pas. Aussi, au lieu de m’encombrer avec des questions sans réponse sur le pourquoi du comment (vous suivez ?), j’accepte, je lâche, je passe à autre chose. 

Je suis sûre que vous aussi, qui lisez ces lignes, êtes parfois ballottés par vos émotions, des émotions provoquées par l’extérieur. Nous pouvons ressentir des émotions de colère, de tristesse, de désespoir, d’impuissance, d’injustice, nous pouvons avoir envie de «rendre la monnaie», de nous venger, de fuir, de nous battre … Bref, nous ne sommes pas ou plus sereins. Et pourtant … toutes ces émotions nous perturbent, nous empêchent de vivre bien et ne peuvent rien changer. Si vous avez été mal accueilli, trahi, agressé, maltraité, et tout cela injustement, que pouvez-vous y changer maintenant ? RIEN : ce qui est fait, est fait. Ces comportements toxiques appartiennent à l’autre et notre réaction nous appartient à nous. 

Et si notre réaction est d’accepter ce qui s’est passé, de lâcher prise, nous pouvons alors passer sereinement à autre chose. Nous reprenons notre pouvoir et nous dirigeons notre vie vers ce qui nous apporte l’harmonie. 

Les émotions sont des signaux : elles nous disent si ce que nous vivons est juste, ou non, pour nous. Il y a les émotions positives : les larmes de joie, le coeur qui bat fort de bonheur, le sourire qui jaillit tellement nous sommes heureux et il y a les émotions négatives : la colère qui nous «retourne les sangs», la peur qui nous paralyse, la tristesse qui nous affaiblit. Accueillons les premières à bras ouverts et lâchons les secondes comme des ballons : ballon rouge pour la colère, ballon noire pour la peur et ballon gris pour la tristesse. 

Ne gardons que ce qui nous appartient : c’est à dire notre capacité à accepter ce que nous ne pouvons changer et notre courage pour changer ce qui est en notre pouvoir.

Pour terminer, un petit clin d’oeil d’Oscar Wilde :

 «L’émotion nous égare : c’est son principal mérite»

Citations du 22 juin 2011

22 juin 2011

« Il n’y a rien de plus facile à dire, ni de plus difficile à faire, que de lâcher »

Santoka – Extrait de Zen, saké, haïku

———————————————————————————————————-

« Je peux résister à tout, sauf à la tentation »

———————————————————————————————————-

« Le paysan creuse des canaux dans les champs, l’armurier façonne la flèche, le charpentier courbe le bois, mais le sage se perfectionne lui-même »

———————————————————————————————————-

32 – VIVE LA FOI !

22 juin 2011

Il n’y a pas de confiance sans Foi … n’en déplaise à tous ceux qui se prennent pour St Thomas et ne croient que ce qu’ils voient. Comment font-ils, tous ces sceptiques, pour vivre heureux ? Car une vie sans Foi est une vie sans Joie …

La Foi rend heureux ...

S’il faut avoir «vu» pour croire, alors nous ne pouvons croire en grand-chose ! Car les choses les plus importantes, dans les rapports humains, nous ne pouvons pas les voir … Vois-t’on l’amour ? Vois-ton la sincérité ? Vois-t’on la fiabilité ? Non, n’est-ce pas ? Nous fonctionnons au «ressenti», c’est à dire à la confiance. Nous avons foi en cette personne et nous ressentons, par exemple, sa sincérité.

Sinon, et là je reviens à ma dernière chronique (140 – Offrons l’amour), nous sommes obligés de demander sans arrêt des preuves et … nous vivons dans l’attente. Et l’attente, je peux vous le dire, cela ne rend pas heureux ! Cela revient à mettre son bonheur entre les mains des autres. Et, comme cela diminue notre sentiment de «pouvoir personnel», nous développons une stratégie de manipulation (consciente ou inconsciente) pour garder le pouvoir. Nous devenons méfiants, suspicieux, exigeants ou, au contraire, geignards et victimes afin de susciter la preuve que nous attendons pour avoir confiance.

Bof, pas terrible comme vie, n’est-ce pas ?

La seule solution que j’ai trouvé pour remédier à ces jeux de pouvoir, c’est de développer la confiance, c’est à dire la Foi.La confiance en la vie, la confiance en l’amour. La vie et l’amour sont les deux plus grands mystères : nous ne comprenons pas tout. Pour tout dire, cela nous dépasse ! Et, pourtant, la vie et l’amour existent, je n’en doute absolument pas, même si je ne comprends pas bien comment cela fonctionne. Car, qui a créé l’univers ? Quelle force magnifique et grandiose permet à notre petit système solaire de fonctionner dans cet immense univers ? Qui donne «l’ordre» au soleil de suivre sa course tout au long du jour et de la nuit ? Qui a mis au point un système si génial que nous avons l’impression d’être posés bien tranquillement sur la terre tandis que celle-ci tourne à plus de 1.700 km/h ? Nous devrions être éjectés, telles des marionnettes liliputiennes et, pourtant, je suis là, assise bien tranquillement devant mon ordi en train de vous écrire …

J’ai donc choisi de faire confiance en cette force, en cette source, en cette énergie primordiale qui, aujourd’hui encore, fait tourner rond l’univers. J’ai Foi en cette force, même si je ne peux la nommer, l’expliquer, la toucher. Je n’ai pas de preuve de son existence et, pourtant, je sais qu’elle existe.

L’amour ne peut naître que dans la confiance et la Foi

Et maintenant si nous parlions de l’amour ? L’amour n’est-il pas ce qui demande le plus de confiance ? L’amour est vraiment une histoire de Foi … Quelle différence il y a t’il entre la Foi en un Dieu créateur et la Foi en une autre personne à qui nous offrons notre amour, c’est à dire le meilleur de nous-mêmes ? Nous nous apercevons très vite que l’amour divin ou l’amour humain demandent tous deux la même chose : la confiance. Car si le corps de l’autre est tangible, son psychisme, son coeur, ses pensées, ses réactions … ne le sont pas. Vous offrez le meilleur de vous-même à un (ou une) inconnu(e) : n’est-ce pas un signe de Foi ? 

Et c’est cette Foi qui vous rend heureux. Dès que le doute s’installe, dès que Saint Thomas revient nous titiller, nous perdons notre bonheur. Les doutes réveillent les peurs et les peurs empêchent la joie. Vous connaissez l’expression «L’imbécile heureux» ? Et bien, peut-être cet «imbécile» est-il simplement quelqu’un qui a la Foi chevillée au corps : il ne doute pas, son mental est simple, il ne voit pas le mal donc … il est heureux !

Nous aurions peut-être intérêt à prendre exemple sur ces «imbéciles heureux» qui ne se prennent pas la tête, ne voient pas le mal partout, ne cherchent pas le pouvoir donc ne génèrent pas de conflits : ils vivent, tout simplement, en avançant avec confiance sur le chemin de la Foi.

Et je me demande même pourquoi nous les appelons «imbéciles» … Car j’ai souvent remarqué que, dès que vous prononcez les mots «amour» et «foi» vous êtes regardé(e) comme un ou une «simplette».

  • «Elle est bien gentille avec ses grands mots mais elle est à côté de ses pompes. Regardez comme la vie est dure, moche : il faut toujours se battre, il faut être le plus fort sinon on vous écrase ! Alors, l’amour n’a pas grand place dans ce monde».

Cette remarque, sous une forme ou une autre, je l’ai maintes fois entendue. Par des jeunes et des moins jeunes. Et quand vous répondez que, peut-être, nous avons en nous le pouvoir de remédier à tout cela en développant l’amour et la foi, vous avez droit à un regard en biais, un peu gêné, du style «la pauvre !». Vous pouvez remplacer «la pauvre» par : stupide, imbécile, simplette, cucu, et autres adjectifs hautement significatifs du manque de confiance de beaucoup de gens en la vie et en l’amour.

Pourtant, amis lecteurs, au risque de vous paraître imbécile (mais pas encore assez pour rajouter heureuse, j’espère y arriver un jour !) j’ai la certitude que la force de vie qu’apporte l’amour est absolument extraordinaire et pourrait nous aider à régler nombre de nos malheurs sur cette terre. C’est la plus belle énergie que la vie nous offre, celle qui vibre au plus haut, celle qui nous permet de dépasser nos peurs.

D’où vient cette énergie ? Mystère … Pourtant quand elle s’exprime en nous elle nous guérit et, par ricochet, elle guérit tous ceux qui acceptent de la recevoir lorsque nous leur offrons.

Toutefois, cette offrande d’amour, certains la rejettent … ils laissent leurs peurs prendre le pouvoir, ils ne veulent surtout pas faire partie des «imbéciles heureux» ! Ils attendent des preuves, des certitudes, ils vivent dans la crainte et s’usent à vouloir sans arrêt démontrer leur force et leur pouvoir. Pour eux, la vie est un conflit permanent …

Les autres, ceux qui ont confiance en la vie, qui ont foi en cette force d’amour qui nous dépasse mais qui nous traverse, l’acceptent. Ils deviennent alors eux-mêmes des transmetteurs d’amour et de joie. Pour eux, la vie est un cadeau …

Pour terminer, un court extrait de l’Evangile selon Jean :

 «Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : «Nous avons vu le Seigneur» mais il leur dit «Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point». Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étaient fermées, se présenta au milieu d’eux et dit : «La paix soit avec vous !». Puis il dit à Thomas ; «Avance ici ton doigt et regarde mes mains ; avance aussi ta main et mets-là dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois». Thomas lui répondit : «Mon Seigneur et mon Dieu !». Jésus lui dit «Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru !» (Jn 20, 24-29)

31 – OFFRONS L’AMOUR …

16 juin 2011

Aujourd’hui, amis lecteurs, je voudrais vous parler d’amour …

L’amour est ce qui est -normalement- le plus facile à donner : il est gratuit, il est infini, il est à la portée de tout le monde, petits et grands. L’amour est «l’ingrédient» qui rend tout meilleur, plus beau, plus doux, plus riche : c’est lui qui donne du sens à notre vie …

Et c’est bien pourquoi nous courrons tous après. Dès notre naissance jusqu’à notre mort, non seulement nous rêvons d’amour mais nous en avons besoin ! J’allais écrire «dramatiquement» besoin : et c’est là que le bât blesse …

Nous savons pertinemment que nous ne pouvons vivre sans amour, alors nous «l’exigeons» comme nous pouvons. Et, plus grave encore, nous l’exigeons comme un dû. Mais nous n’avons pas toujours conscience que l’amour est une énergie qui ne se stocke pas : elle doit circuler. Donner et recevoir, recevoir et donner : voilà le code de la route de l’amour !

A priori, cela ne semble pas difficile ! Ouvrir son coeur pour offrir de l’amour, à ses proches  bien sûr, mais également à tous ceux que l’on rencontre …  Pourtant, combien d’entre nous y arrivent réellement ?

Observons, autour de nous, les relations humaines : dès la petite enfance, notre petit «moi» prend le pouvoir (notre égo) et nous devenons très vite égocentriques, exigeants, revendicatifs, agressifs : nous voulons le pouvoir ! C’est à dire que nous voulons avoir «l’autre» en notre pouvoir afin de lui extorquer le plus possible … d’attention, d’admiration, de crainte, de protection, de services, d’argent, de plaisir, etc … et nous enrobons tout cela sous le terme «d’affection» ou, encore plus osé, sous le terme «d’amour». 

«Je l’aime et s’il m’aime il doit m’obéir» ou … il doit me comprendre, il doit me protéger, il doit m’écouter, il doit ceci, il doit cela. Bref, «je l’aime» donc il «doit» et il nous faut des preuves et des preuves.

Cela s’appelle du «troc» ! Et l’amour qui, normalement, jaillit naturellement et spontanément, devient négoce et calcul. Et cela depuis la naissance ! Car nos parents, eux-mêmes éduqués dans la culture du «troc» (je te donne, tu me rends), nous infligent ce triste modèle que nous transmettons nous-mêmes. Et ceci à l’infini, depuis des générations et des générations …

Tout cela, bien sûr, est majoritairement inconscient !! Nous «aimons» nos enfants, qui «aiment» leurs parents, puis leurs compagnes ou compagnons, puis leurs enfants, et leurs amis, et leurs frères et soeurs, et toute l’humanité … Nous «aimons» mais si l’autre ne répond pas à nos attentes (j’allais écrire à nos exigences), gare à lui ! Le petit «moi» ne connaît pas la gratuité. Je le répète, il ne connaît que le troc.

Du coup, le monde va mal. Les relations humaines, qui pourraient être simples et harmonieuses si nous respections le code de la route de l’amour «je donne et je reçois, je reçois et je donne» deviennent des relations guerrières, basées sur le pouvoir.

Le symbole de l'infini ...

Car, de fil en aiguille, nous avons oublié ce qu’était le véritable amour. Nous sommes dans la confusion la plus totale ! La peur a pris le pas sur l’amour. La peur d’être rejetée, de ne pas être aimable, la peur de perdre, de souffrir … Car, bien sûr, avec cette culture du troc, nous avons beaucoup souffert. Nous avons bien compris la leçon : c’est donnant-donnant ! Pas dans l’idée d’une circulation d’énergie bienfaisante et infinie (vous connaissez le symbole de l’infini ?) mais avec l’idée de prendre et de garder pour soi. «Toujours ça de pris», n’est-ce pas ?

Sauf qu’une énergie qui ne se transmet pas devient toxique : elle se transforme en poison.  Et elle va s’exprimer (c’est à dire «sortir de …») sous forme d’agressivité, d’insatisfaction, de maladie. Et c’est le serpent qui se mord la queue : «S’il ou elle m’aime, elle acceptera, elle supportera, elle me protégera malgré tout». Ce sera la preuve ! Car nous avons besoin, encore et encore, de preuves. 

  • «Prouves-moi que tu m’aimes !» demandons-nous sans arrêt.

Mais personne ne peut remplir le vide de l’autre. Donc … il n’y aura jamais assez de preuves car, malgré les plaintes, les caprices, les exigences, les menaces, la possessivité, l’agressivité, l’autre ne peut combler ce «vide d’amour» car l’amour est un cadeau et, donc, sans exigence …

La seule chose qui pourrait nous apaiser … c’est d’aimer avec notre coeur et non exiger avec notre mental. C’est de nous «oublier» un peu, d’oublier notre petit «moi» (que nous pouvons aussi appeler égo) toujours si peu sécure, Car, quand le coeur parle, il est grandiose.

Nos coeurs sont grandioses, merveilleux, généreux : imaginez donc que nous les laissions tous s’exprimer ! Nous vivrions dans un bain de compassion, de compréhension, de non-jugement, de partage, d’échanges, de douceur, de chaleur … dans un bain d’amour. Et les relations seraient joyeuses, paisibles, harmonieuses : nous connaîtrions enfin la paix sur la terre.

C’est facile et c’est à la portée de tous : écoutons notre coeur, il a plein de choses à dire !

 

Pour terminer, une très belle citation de Khalil Gibran :

 «Celui qui, par quelque alchimie, sait extraire de son coeur, pour les refondre ensemble : compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon, crée cet atome qu’on appelle l’amour».